Un sur Dix

UNE PUBLICATION DE REHABILITATION INTERNATIONALE EN COLLABORATION AVEC L'UNICEF SUR LES ENFANTS HANDICAPÉS.

Volume 24-2003

Page de couverture

Les Enfants Handicapés et la Violence

Table

La violence et les enfants handicapés……… 2
La crise des orphelinats……………………...4
Un rapport du Népal…………………………6
Faire la différence avec les médias…………..8
Les conflits armés et les états d'urgence…… 9
Créer les institutions………………………...12
Sexes, handicaps et violence………………...15
Cibler la violence…………………………….16
Les statistiques de la DAA sur la violence…18
Ressources……………………………………19

Ce numéro de Un sur Dix examine au niveau global un sujet préoccupant: les diverses manières dont la violence est exercée sur les enfants et les jeunes handicapés, et comment la violence est elle-même une cause de handicaps. L'objectif de ce numéro est de sensibiliser les populations aux dangers et à l'impact de la violence tolérée et perpétuée dans la société, ainsi que la violence moins visible exercée sur les enfants handicapés et les jeunes au sein des familles, des institutions et des communautés.

En 2005, l' UNICEF, avec le bureau des Nations Unies du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme et l'OMS publieront une étude approfondie sur la violence et les enfants dans le monde. C'est ainsi que nous avons choisi d'étudier le thème de ce numéro de Un sur Dix : comment les différentes formes de violence sont à la fois à l'origine des handicaps et une réponse aux handicaps.

Alors qu'un numéro précédent de Un sur Dix a déjà été consacré aux conflits armés et aux handicaps, ce numéro met l'accent sur un éventail plus large des formes de violence qui affectent les enfants, dont la guerre et les conflits armés, la violence et les négligences criminelles qui ont lieu dans les institutions et les orphelinats, les sévices sexuels et la violence exercée sur les enfants handicapés.

Richard Sobsey, un des experts internationaux sur la violence et les handicaps a préparé un rapport pour ce numéro ; il y reconnait que se concentrer sur le problème de la violence contre les enfants handicapés nous amène à examiner le pire. Cependant ils fait également remarquer qu'en observant aussi les familles et les communautés saines nous pouvons apprendre comment celles-ci fonctionnent.

Enfin nous travaillons à améliorer Un sur Dix et nous souhaitons entendre l'opinion de nos lecteurs sur ce numéro. Une évaluation aura lieu dans le courant de cette année. En attendant, nous vous invitons à prendre contact avec Rehabilitation Internationale directement pour nous faire part de vos commentaires.

Tomas Lagerwall Karin Landren
Secrétaire Général Chef de la Section Protection de l'Enfance
Rehabilitation International UNICEF

Sous-titre de la photo
Photo par Teun Voeten, Freetown, Sierra Leone, Décembre 1999.
Enfants dans un camp de réfugiés attendant la réunification avec leurs familles. Certains furent amputés par les rebelles, d'autres furent bléssés à la guerre.

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La violence et les enfants handicapés : une perspective internationale

Par Dick Sobsey

La violence est un problème grave pour tous les enfants. La guerre, le terrorisme, la violence domestique, l'abandon et la négligence, les conflits régionaux et ethniques, le crime organisé et beaucoup d'autres formes de violence touchent les enfants dans le monde entier. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé qu'environ 57 000 enfants meurent, victimes de crimes chaque année. L'OMS a aussi fait remarquer qu'un nombre important de cas non-rapportés doivent être ajoutés à ce chiffre à cause des guerres et d'autres manifestations de violence collective. Pour chaque enfant tué par la violence, à peu près 100 sont blessés, et parmi eux, nombreux sont ceux qui en resteront handicapés d'un manière permanente. Alors que les effets directs de la violence leur sont parfois épargnés, les enfants souffrent toujours des effets indirects de la violence. Les coûts économiques énormes de la guerre et des autres formes de violence détournent des ressources qui pourraient être utilisées pour améliorer les conditions de vie. Par ailleurs, la destruction des infrastructures est elle aussi très coûteuse. Beaucoup d'enfants deviennent orphelins ou refugiés ; d'autres vivent avec des parents qui sont physiquement et psychologiquement blessés par leurs propres expériences de la violence et de nombreux enfants vivent dans la peur.
Alors que la violence affecte tout le monde, les enfants handicapés sont les plus grâvement touchés. Des recherches effectuées des Etats Unis et du Canada expliquent que les enfants handicapés sont 2 a 4 fois plus maltraités que les autres enfants. De plus, aux Etats Unis et au Canada les meurtres d'enfants handicapés par leur parents furent parfois décrits comme " charitables ". Des études réalisées à partir du Royaume Uni et d'autres pays occidentaux indiquent des taux également élevés de violence vis-à-vis des enfants handicapés dans les autres pays industrialisés.
Dans les pays riches et dans les pays pauvres, des enfants ont été privés d'éléments essentiels à la vie parce que quelqu'un a jugé que leurs vies ne valaient pas la peine d'être protégées. Les handicapés ont souvent fait l'objet de crimes haineux. Dans certains cas les préjugés qui ont mené aux crimes et qui ont transformé la victime en cible sont liés aux handicaps. Dans beaucoup d'autres cas, la haine vise un sexe, un mode de vie, une orientation sexuelle, une religion, la couleur de la peau, ou l'origine ethnique, mais elle s'exprime concrètement et directement vis-à-vis de la personne handicapée parce qu'elle est plus vulnérable que les autres.
Dans certains pays, les enfants handicapés sont forcés à devenir mendiants ou sont vendus pour être utilisés comme mendiants dans des pays plus riches. Ailleurs, à Taiwan par exemple, une étude récente a montré que la proportion d'enfants prostitués qui ont un développement moindre que celui des autres était six fois ce qu'il est dans le reste de la population. Le viol collectif d'une enfant handicapée de 14 ans en Mai 2003 à New Delhi (Shakti Sharma, 2003 May 14, Hindustan Times) fut un exemple effrayant des nombreuses autres formes de violence sexuelle et d'exploitation auxquelles sont confrontés les enfants handicapés dans de nombreux pays.
Pendant les dix dernières années et dans plusieurs pays, des organisations de défense des Droits Humains ont répertorié des violences et des cas de négligences terribles dans des institutions pour enfants, en particulier dans les institutions pour enfants handicapés. La vie des enfants dans ces institutions va de la survie la plus élémentaire à la torture. Par exemple, la publication de Surveillance des Droits Humains de 1998, Abandonnés à l'Etat, a décrit les institutions russes où des enfants émaciés passent souvent leurs journées attachés à un banc dans un batiment non-chauffé, sans éducation, sans jouets ni activités ou même sans lumière. Ces enfants ont décrit des punitions inhumaines perpétrées contre eux par le personnel de ces institutions, comme lorsqu'on place des boules de coton entre leurs doigts de pieds et qu'on y met le feu.

Un rapport présenté devant le parlement jamaïcain sur les conditions de vie des enfants placés en institutions a décrit des situations similaires. Dans un article publié dans le Jamaica Gleaner du 16 Juillet 2003, la journaliste Trudy Simpson a paraphrasé le rapport Keating : " Les enfants, en particulier les enfants handicapés qui ne pouvaient pas exprimer clairement leurs besoins étaient placés dans des cellules solitaires ou encore étaient forcés à se mettre à genou sur des objets pointus. Certains furent violés et injuriés…les enfants étaient attachés par des adultes qui écrasaient leurs poitrines avec leurs genoux, et dans certains cas les enfants étaient fouettés sur la poitrine et sur le pubis ". Un article comparable fut publié le même jour par le Jamaica Observer, " alors que le cadre de vie dans les institutions est, dans la plupart des cas, nocif pour les enfants, il est pire pour les enfants handicapés dans des proportions de 37%, c'est à dire 3 fois celui du reste de la société. En bref, les enfants handicapés sont plus susceptibles de vivre dans des institutions que les autres enfants ; les soins en institutions sont souvent assortis de violence ; dans les institutions les enfants handicapés sont les plus mal traités ; et à cause de leurs handicaps, ils sont les plus vulnérables.
Ce problème s'ajoute au fait que certaines organisations internationales d'aide aux enfants excluent les enfants handicapés. Et-ce parce qu'elles supposent que ces enfants bénéficient de l'aide d'autres agences ou parce qu'elles imaginent que leurs besoins sont trop grands ? Quelles que soient leurs raisons, il ne fait aucun doute que cette exclusion a lieu. Il y a deux ans, on a demandé à ma famille d'aider une autre famille dans un pays en voie de développement. Quand nous avons accepté nous avons demandé à être jumelés avec une famille qui ait un enfant handicapé. Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu'on nous répondit qu'il n'y avait pas de famille avec des enfants handicapés dans les quelques trente pays couverts par cette agence! Après une recherche approfondie l'agence nous a finalement trouvé un enfant handicapé.
La situation actuelle est grave, mais pas désespérée. Il semble qu'il y ait des progrès. Alors que certaines organisations de défense des Droits Humains continuent à négliger les problèmes spécifiques à l'enfance handicapée, d'autres ont été remarquables par leurs efforts dans ce domaine. Human Right Watch a réalisé un travail considérable pour les enfants placés en institutions. D'autres organisations se sont impliquées de facon croissante: l'étude en cours de la Commision des Nations Unies sur les violences exercées à l'encontre des enfants, commandée par l'UNICEF, l'OMS et la Haute Commission aux Droits Humains des Nations Unies promet de se pencher sur les problèmes spécifiques des enfants handicapés. Parce que les attitudes négatives à l'égard des handicapés, l'isolement, et les rapports de force contribuent à augmenter les risques d'abus, les mouvements de défense des Droits Humains et les mouvements qui appellent à l'intégration complète ont aussi contribué à endiguer les risques liés à la violence exercée contre les enfants handicapés.
Il y abien plus à accomplir, et toutes les personnes qui considèrent la violence comme un problème important peuvent contribuer de manière considérable. Les groupes qui défendent la protection de l'enfance, les Droits Humains et les handicapés doivent trouver un terrain d'entente. Il est crucial que les contacts parmi ces groupes soient établis et maintenus. Les agences qui défendent les enfants et les familles dans les pays en voie de développement doivent se voir parfois rappeler qu'il y a des enfants handicapés qui ont besoin de leur aide et que si ces enfants ne sont pas aidés ils doivent l'être.
Enfin, nous devons continuer à travailler pour l'intégration, pour la prise de contrôle individuelle de sa propre vie, et pour les changements d'attitude. Les attitudes négatives jouent un rôle clef dans la violence à l'encontre les enfants handicapés. Quand les gens dans le monde entier voient le enfants handicapés avec un regard positif, ils traitent ces enfants avec respect plutôt qu'avec violence.

Dick Sobsey, Director, JP Das Developmental Disabilities Centre, University of Alberta
6-123 Education North Edmonton, Alberta T6G 2G5 Canada, T : (780) 492-3755
F : (780) 492-1318, dick.sobsey@ualberta.ca.

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La Crise dans les Orphelinats

L'article suivant est extrait du rapport de Human Rights Watch de Septembre 2001
Des cibles faciles : La Violence Contre les Enfants dans le Monde.

Dans certains pays, les enfants sont abandonnés dans des proportions alarmantes. Ceci est dû à la pauvreté, aux politiques insuffisantes de contrôle des naissances, et à des traditions culturelles qui favorisent les garcons plutôt que les filles. Les préjugés et les politiques qui vont à l'encontre des enfants handicapés ou des enfants considérés comme ayant des handicaps. Une fois placés en institution, les orphelins et les enfants abandonnés sont parfois victimes de négligence ou de violence telles que leur vie est en danger. On peut les priver d'échanges, de stimulations diverses, de soins médicaux, d'éducation, et ils apprennent souvent à vivre dans la peur des seules personnes qui s'occupent d'eux.
En Russie dans les années 1990, jusqu'à 100 000 enfants étaient abandonnés à l'Etat chaque année. Beaucoup étaient placés en orphelinat, ou ils étaient victimes de violence et de négligence terribles. Ils étaient souvent battus, enfermés dans des pièces glacées pendant des jours entiers, aggressés sexuellement, et souvent humiliés par le personnel.
On a trouvé dans une enquête effectuée en 1998 que les enfants russes qui étaient considérés handicapés étaient séparés dans des chambres où ils étaient changés et nourris mais où ils étaient privés de stimulation et où ils ne recevaient pas de soins médicaux. Confinés dans leurs berceaux, ils regardaient le plafond et n'étaient encouragés ni à marcher, ni à parler. A l'age de quatre ans, ces enfants ainsi que ceux qui étaient considérés comme retardés ou oligophrénique (petits cerveaux) étaient enfermés dans des internats psycho-neurologiques. Selon un médecin russe, ces internats sont comme des prisons pour le cerveau. Les enfants y manquent complètement des stimulations sensorielles. Il n'y a pas de compétition entre les enfants, juste un lent processus de ralentissement jusqu'à l'arrêt complet.
Au moment de notre enquête, au moins 30 000 enfants ont été déclarés " inéducables " et relégués dans les internats psycho-neurologiques où beaucoup sont allongés sur des paillasses, souvent des matelas de caoutchouc sans draps, et laissés à moitié nus mourir dans leur urine et leurs excréments. Les enfants " trop actifs " ou trop " difficiles " sont souvent placés dans des pièces sombres et vides, parfois attachés à un banc ou à leurs lits par un bras. D'autres sont restreints par des camisoles faites de sacs de coton enssérant leurs torses et serrées à la taille et au cou.
Un défenseur de l'enfance a estimé que le taux de mortalité dans les internaty était deux fois plus élevé que celui de la population totale. Des résultats comparables ont été trouvés dans d'autres parties de l'ancienne Union Soviétique. Une statistique nationale de 1996 indique qu' " à peu près trente pour cent de tous les enfants sévèrement handicapés logés dans des maisons spéciales meurent avant d'avoir dix huit ans ", un chiffre affligeant.
Les enfants considérés comme " éducables " à la suite d'un test passé à l'age de quatre ans sont envoyés dans une dyetskii dom, ou home d'enfant. Les conditions dans ces orphelinats sont meilleures que dans les internats mais les enfants y sont cependant exposés à la violence, à la négligence, et à la cruauté gratuite. Dans certains cas, le personnel adulte bat et humilie les enfants avec le consentement implicite du directeur de l'orphelinat. Il y a des cas ou les adultes incitent les orphelins à punir un enfant collectivement. Un élève se souvient qu'un enseignant attrapant un enfant, lui a arrachant ses vêtements et le forcant à marcher à quatre pattes devant tout le monde. " Et nous devions lui donner des coups de pieds et nous asseoir à cheval sur lui, et l'humilier. Les enfants l'ont poussé, battu, lui ont tiré les cheveux, et l'on chevauché comme un animal ". L'enseignant était un sadique.

Ces comportements peuvent être particulièrement insidieux parce que l'enfant relativement privilégié devient vicieux et invente des punitions encore plus terribles que celles que les orphelins plus agés infligent aux plus jeunes et aux plus faibles. Parmi les punitions, " on enfermait un petit dans une commode en bois et on le jetait par la fenêtre". Etre " dans le vent " : les enfants plus petits étaient tenus la tête en bas sur le rebord de la fenêtre ; on leur infligeait aussi le " vélocipède " une technique de l'armée qui consiste à placer des boules de coton entre les doigts de pied et à y mettre en feu. Un petit garcon se rappelle : " Ils m'ont fait subir une torture qui s'appelait " la chaise électrique ". J'ai été étendu tout nu sur un lit en fer. Ensuite quelqu'un a pris des fils qui étaient branchés sur 220 volts et a touché le lit en fer avec. A chaque fois que les fils touchaient le lit, le courant passait et j'étais électrocuté.
Les violences que fait subir le personnel comporte des coups, plonger la tête des enfants dans les toilettes, tordre leur mains entre des tenailles, tordre les testicules pendant des interrogatoires, enfermer les enfants dans une chambre glacée pendant des journées entières, et les faire participer à des jeux sexuels. L'humiliation publique faisait aussi partie des mauvais traitements. Un enfant fut jeté par la fenêtre du premier étage par un psychologue, un enseignant et le directeur adjoint de l'orphelinat. Apres s'être plaint de ce traitement, l'enfant fut puni et déshabillé devant toute une classe de garcons et de filles. L'enseignant lui enleva tous ses vêtements et les jeta.
En 1996, un rapport de Human Rights Watch sur les orphelinats d'Etat en Chine a dénoncé des comportements effarants. Les chiffres nationaux les plus récents de l'époque (1989) montraient que la majorité des enfants abandonnés admis dans les orphelinats chinois mouraient :les taux de mortalité y sont de plus de 75 %. Dans l'orphelinat le plus connu et le plus prestigieux de Chine, l'Institut pour Enfants de Shangai, la majorité des enfants arrivés dans l'orphelinat avant 1993 sont morts dans les quelques mois qui ont suivi leur arrivée. Entre 1986 et 1992 les mauvais traitements comprenaient : la faim, la torture et les violences sexuelles. Ces traitements furent la cause directe du décès de plus de 1000 enfants.
Les rapports médicaux et les témoignages recueillis par Human Rights Watch, ainsi que des enquêtes officielles qui avaient été dissimulées ont montré que les morts à l'orphelinat de Shangai étaient dans de nombreux cas infligées de manière délibérée et cruelle. Les assistants sociaux sélectionnaient des bébés et des enfants, et les laissaient mourir de soif et de faim, une procédure appelée la " résolution sommaire " des problèmes médicaux des enfants. Quand un orphelin sélectionné de cette manière était sur le point de mourir de faim ou de négligence médicale, les médecins de l'orphelinat procédaient à une " consultation " une sorte de rituel qui précédait la mort. Les décès dûs à la malnutrition étaient dans de nombreux cas enregistrés comme ayant résulté d'autres causes, comme la déficience mentale ou le palais fendu.
A l'orphelinat de Shangai les enfants plus agés étaient soumis à de nombreuses formes de traitement cruels et dégradants dont les coups et la torture par le personnel de l'orphelinat. De nombreuses petites filles furent violées par plusieurs hommes employés par l'orphelinat dont le directeur lui-même.
Une petite fille de six ans a subi des violences pendant plus de vingt quatre heures aux mains d'un employé adulte de l'orphelinat. Elle avait volé des sucreries, et fut battue par cet employé avec une chaussure en plastique et un manche à balai en bois. L'employé a attaché les poignets de la petite fille aux montants en fer d'une haute fenêtre, l'a forcée à se tenir sur la pointe des pieds, et a finalement roué la fillette de coups de poings. La fillette fut laissée là, suspendue à la fenêtre pendant toute la journée. Une fois décrochée, on ne l'a laissa pas dormir et elle fut attachée debout pendant toute la nuit. Le matin suivant elle fut battue à nouveau.
Un autre cas, celui d'un garcon de quinze ans qui fut jeté à terre et roué de coups pendant quatre-vingt-dix minutes par le directeur de l'orphelinat, puis enfermé dans un hangar pendant quatre jours avec très peu de nourriture. Bien qu'un grand nombre d'orphelins et de membres du personnel eurent été témoins de la " correction " , le directeur força le personnel à nier que l'incident eut lieu. Une personne qui refusa d'obtempérer fut renvoyée.
Les punitions brutales étaient souvent infligées pour des infractions mineures à la discipline de l'établissement ou simplement selon les caprices du personnel. Parmi ces punitions :
-On a forcé les enfants à prendre la position de " l'avion " ou de la " mobylette " pendant de longues périodes (courbés en avant à l'horizontale avec les bras tendus vers le haut, ou assis avec les bras tendus à l'horizontale). Dans certains cas, les enfants étaient aussi forcés de verser des bols d'eau très chaude sur leur poignets, leurs têtes ou leurs genoux, ou on renversait des bols d'eau bouillante et on forçcait les enfants à s'y agenouiller;
-On a forcé les enfants à s'agenouiller sur des planches à laver pendant de longues périodes ;
-On a suspendu les enfants à l'envers, leur tête plongée dans de l'eau jusqu'à ce que leur nez saigne et qu'ils se noient presque. Cette technique connue sous le nom de Qiang Shui (" s'étouffer dans l'eau "), est une des plus redoutée par les enfants.

Veuillez trouver le rapport complet et les références à l'adresse suivante: www.hrw.org/reports/2001/children.

Sous-titre de la photo.
Photo de l'UNICEF prise par Alexander Rosler, enfant handicapé psychiatrique, Hôpital des Enfants de Lima, Perou.

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Un rapport du Népal

Ce qui suit est un extrait du rapport de Gerison Landsdown : " Les enfants handicapés au Népal " qui fut écrit pour Droits pour les Enfants par Disability Awareness in Action.

Le Contexte Politique et Social

Le Népal est un des pays les plus pauvre du monde. C'est aussi un des plus montagneux. A ces problèmes s'ajoute celui de l'insurgence maoïste, le fait que la plupart de ses habitants sont des fermiers, et que la majorité de la population n'a recu aucune éducation scolaire et que la culture prédominante hindoue tend à considérer les handicaps comme une punition pour des péchés qui auraient été commis dans une vie antérieure. Il est clair que la vie des enfants handicapés y est particulièrement difficile. Dans un pays où l'enfants est considéré comme une ressource économique par sa famille et où l'on considère les enfants handicapés comme incapables de contribuer sur ce plan, ils souffrent inévitablement d'un statut très bas, du rejet, et de la marginalisation.

Le droit à la protection contre toutes les formes de violence

Les protections légales existantes.

Le droit des enfants à la protection contre toutes les violences énoncé dans l'article 19 de la Convention pour les Droits de l'Enfance n'a pas obtenu la priorité du gouvernement népalais. A la date d'aujourd'hui, aucune protection légale n'a encore été instaurée par le système pénal pour interdire les punitions corporelles infligées à la maison, à l'école. De plus, le gouvernement n'a pris aucune responsabilité officielle pour répondre aux problèmes de la protection de l'enfance. Alors que l'Acte des Enfants interdit la négligence et la violence vis-a-vis des enfants, la section 7 de l'acte permet aux parents, aux membres de la famille et aux enseignants de frapper un enfant " si c'est dans l'intérêt de l'enfant ". Le Comité des Droits de l'Enfant a exprimé ses préoccupations quant à cette provision à la suite de son examen du rapport initial du gouvernement népalais : les mesures appropriées n'ont pas ete prises pour prévenir et combattre toute forme de mauvais traitement et de punition corporelle des enfants au sein de la famille. Par ailleurs, le Comité a regretté l'absence d'une législation adéquate et de mécanismes pour la rééducation des enfants victimes. Dans sa recommandation au gouvernment, il suggère que soit introduit un éventail de mesures dont une législation pour combattre les mauvais traitements et l'abus sexuel des enfants, au sein de la famille et ailleurs. Il propose également qu'une étude soit faite en vue d'améliorer la compréhension de la nature et de l'ampleur du problème, et que des programmes sociaux soient mis en place pour prevenir toute forme d'abus et de négligence envers l'enfance.
A cette date, aucune des ces recommandations n'a été suivie d'effets. Par conséquent, il n'y a encore que très peu de données et de recherches qui puisse nous informer quant à l'étendue et à la nature des violence exercées contre les enfants, dont les enfants handicapés. Et même si certaines ONG ont mis en oeuvre des programmes de sensibilisation pour le droit des enfants à la protection contre la violence, peu de programmes de rééducation furent créés. La violence, et en particulier la violence sexuelle, ne fait pas l'objet de discussion dans la culture népalaise. Par conséquent, le problème reste caché, nié, ignoré.

L'expérience des enfants

Bien que nous n'ayons pas de données sur l'expérience de la violence subie par les enfants, nous avons des histoires qui en disent beaucoup. Par exemple, un travail effectué récemment par Sauver les Enfants rapporte qu'une proportion importante d'enfants se sauvent de chez eux pour échapper à la violence et à la brutalité. Ces organisations sont préoccupées par l'ampleur et la sévérite de cette violence. Le problème de la violence contre les enfants handicapés figure dans cette étude comme un élément très préoccupant pour les ONG et pour tous ceux qui travaillent avec les enfants.
Parmi les exemples cités :
-Des Enfants sourds battus lorsqu'ils utilisent les signes
-Des enfants aveugles victimes de mauvais traitements dans leurs familles
-Des parents battant les enfants malades mentaux, en interpretant leurs comportements comme de la désobéissance volontaire.
-Des enfants ayant des difficultés à apprendre sont maltraités
-Des enfants handicapés rejetés émotionellement par leurs familles et maltraités à cause du peu d'estime qu'on a pour eux.
-Des enfants handicapés cachés, traités comme des animaux, quelquefois même enfermés dans des cages, en particulier dans les zones rurales.
-la persistance préoccupante de sevices sexuels, dissimulés ou couverts par le secrêt, au sein des familles.
-Des fillettes ayant des difficultés à apprendre placées en depo provera afin qu'elles puissent être maltraitées en toute impunité.
-Les difficultés auxquelles les enfants doivent faire face lorsqu'ils veulent dénoncer les violences auxquelles leurs enseignants les soumettent.
-Les mauvais traitements que leur font subir des hommes handicapés

Les enfants ont souvent parlé des sévices corporels qu'ils subissent dans leurs familles et dans leurs communautés. Ils ont également souvent décrit l'ampleur des sévices émotionnels-les insultes, l'hostilité, l'humiliation, le rejet. Ils ont évoqué la solitude de leur existence due au fait qu'ils ne sont souvent pas aimés autant que les autres enfants. Et lorsque les violences ont lieu ils n'ont aucun recours. La tolérance assez généralement répandue envers la violence exercée sur les enfant combinée avec l'ampleur de la discriminination vis-à-vis des enfants handicapés, tout cela fait qu'ils ont peu de chance de pouvoir compter sur le soutien ou la protection de la communauté au sens plus large.
Pour mettre un terme à la violence il faudra mettre en œuvre une stratégie soutenue par le gouvernement afin de combattre l'idée trop souvent répandue qu'il est légitime et même désirable de frapper les enfants. Lorsque ces convictions prévalent il est inévitable que les enfants handicapés, souvent les membres les plus vulnérables d'une communauté, continueront à subir les brutalités, sans aucun recours ou sanctions contre leurs aggresseurs.
Prenez contact avec Disability Awareness in Action pour un exemplaire complet du rapport. DAA, 11 Belgrave Road, London, UK SW1V 1RB. Email : admin@daa.org.uk.

References :
1. Site internet : www.endcorporalpunishment.org.
2. Remarques de conclusion par le comite sur les droits de l'enfant : Nepal, CRC/C/15/add.57, Juin 1996.

Sous-titre de la photo :
AFGHANISTAN, un honme et un enfant se soutiennent mutuellement en marchant à l'aide de prothèses, à l'hôpital ICRC de Kaboul.

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Les handicaps et les droits humains, faire la différence par les médias

Par Michele Morgan, Coordinatrice de Programmes, Rehabilitation internationale

Deux festivals de films récents, l'un parrainé par " Faire la Différence par les Medias " et l'autre par " Human Rights Watch " sont consacrés au problème de la violation des droits humains à travers le monde, auxquels la violence et les handicaps sont souvent liés. Ces festivals ne mettent pas seulement en lumière des sujets sociaux, politiques, et environnementaux importants en donnant une voix aux histoires d'oppression et d'espoir du monde entier, ils encouragent aussi l'usage des films comme des tremplins pour les débats et l'action.

Dans le festival " Faire la Différence par les Médias ", " Esmeraldas : le pétrole et la pauvreté ", un court documentaire consacré aux souffrances énormes causées par l'explosion d'une raffinerie de pétrole Texaco en 1998 qui détruisit une communauté de l'Afrique Equatoriale. La minorité pauvre dont la subsistance dépendait des rivières et de la terre contaminées par l'explosion a souffert longtemps des effets de l'empoisonnement par le pétrole. Les brûlures dues à l'explosion, et les innombrables anormalités à la naissance, les taux élevés de cancer, les lésions ouvertes et les brûlures sévères dues à la présence de pétrole dans les eaux, n'ont épargné personne, et surtout pas les enfants. La communauté n'a pas d'autre recours que de continuer à vivre de cette source unique d'eau, la rivière contaminée. A Esmeraldas, il n'y a ni nettoyage de l'environnement, ni service médical et de rééducation, seulement une communauté qui tente de survivre dans des conditions extrèmement difficiles.
" Pendant que nous dormons ", un autre court documentaire présenté au festival " Faire la Différence par les Medias ", suit le voyage de Marcie une femme d'age moyen atteinte de paralysie cérébrale et de handicaps intellectuels, et sa famille qui essaye de faire face aux effets du viol de Marcie par un employé du centre où elle vit. Ses parents qui ont ramené Marcie chez eux, essayent de l'aider à faire face à sa dépression, son anxiété et sa grossesse causée par le viol. Selon les réalisateurs du film, 72 % des centres de ce type aux Etats Unis ont été le cadre de ces violences sexuelles en 2000. Comme on le voit avec Marcie, la souffrance est incalculable.
Deux films montrés au festival de Human Rights Watch ont pour thème d'autres types de violence. " Jyan ", un film produit au Kurdistan irakien, est un mélodrame qui décrit la construction d'un orphelinat cinq ans après les bombardements chimiques et biologiques de Halbaja par l'armée irakienne. Le film raconte l'histoire d'une communauté et d'une petite fille, Jiyan, qui tente de vivre dans une région ravagée par les cicatrices physiques et émotionnelles laissées par l'attaque brutale. Dans" Asylum ", un court documentaire, on suit Baba, une jeune femme Ghanéenne qui doit choisir entre un homme que son père veut qu'elle épouse et la mutilation génitale féminine que son père veut lui imposer et la liberté par la fuite aux Etats Unis. Malheureusement la promesse de liberté s'éloigne lorsque Baba se retrouve aux prises avec les autorités de l'agence d'immigration.
Le festival du film " Faire la Différence par les Médias " espère inciter les gens à parler et à agir pour le changement social.

Le festival est montré a www.MediaThatMattersFest.org et il est aussi disponible en DVD. Prenez contact avec www.mediathatmattersfest.org/mtm03/dvd.php pour en commander un exemplaire.

Lancé en 1994 à New York afin de mettre un visage sur les atteintes aux droits humains, le festival du film de Human Rights Watch s'est élargi à Londres en 1996. Vous trouverez plus d'information sur les films et les festivals à venir à : http://www.hrw.org/iff/2003/index.html.

Sous-titre de la photo
Un garcon montre un poster à de plus jeunes enfants décrivant différentes sortes d'explosifs publié par le programme de prise de conscience du problème des mines au Salvador.

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Les handicaps de l'enfance-les conflits armés et les situations d'urgence

Par Guldaban S. Habibi, Protection de l'Enfance, UNICEF New York.

Definition

Enfant : Dans la convention sur les droits de l'enfant, article 1, " un enfant veut dire tout être humain de moins de dix huit ans "

Situations d'urgence : elles comprennent des désastres créés par l'homme (conflits armés, conflits civils, violence sociale et familiale) et les désastres naturels (séismes, innondations et tempêtes).

Le plan stratégique à moyen terme de l'UNICEF

Protéger les enfants dans les conflits armés fait partie du plan stratégique à moyen terme de l'UNICEF qui articule la vision de l'UNICEF et ses projets d'action pour 2002-2005 en énoncant ce que l'UNICEF veut accomplir et comment l'accomplir. Le plan comprend une approche de direction centrée sur les résultats et une programmation basée sur les droits en portant son attention sur cinq priorités cruciales :

-L'éducation des filles
-Le développement de l'intégration de la petite enfance
-L'immunisation " plus "
-La lutte contre le SIDA
-Une meilleure protection de l'enfance contre la violence, les abus, l'exploitation et la discrimination..

L'impact des conflits armés sur les enfants sont mentionnés tout spécialement comme un des problèmes posés par une meilleure protection de l'enfance contre la violence, les abus, l'exploitation et la discrimination. Cependant, les cinq priorités du plan stratégique à moyen terme sont mis en œuvre lors de situations d'urgence complexes et quand une crise est provoquée par un conflit et un désastre naturel; chaque priorité doit être adoptée pour répondre au mieux aux enjeux spécifiques posés par la crise en question.

L'impact des conflits armés sur les enfants

Pendant les dix dernières années, plus de deux millions d'enfants sont morts à cause des conflits armés, souvent visés délibérément et assassinés. Pour chaque enfant tué lors d'un conflit armé, trois sont blessés et handicapés d'une manière permanente. Un nombre plus important encore est victime de maladie, de malnutrition, de violences, d'exploitation et de sévices sexuels. Apeu près 40 % des 26 000 personnes tuées et blessées par les mines chaque année sont des enfants. Plus de 10 millions d'enfants sont traumatisés psychologiquement par les conflits armés. Comme l'étude de Graca Machel le montre, " selon l'OMS, les conflits armés et la violence politique sont les causes principales des blessures et des handicaps physiques et sont directement responsables des handicaps de plus de 4 millions d'enfants. "

Les sévices et la violence

L'Organisation Mondiale de la Santé a récemment défini la violence comme suit : " un probleme majeur pour la santé publique dans le monde entier. Chaque année, des millions de personnes meurent des suites de blessures due à la violence. Bien plus survivent à leurs blessures mais sont handicapées d'une manière permanente. La violence est parmi les causes principales de mortalité parmi les personnes de 15-44 ans dans le monde, elle est responsable de 14% des morts parmi les hommes et de 7 % parmi les femmes.
En plus de la mort et des handicaps, la violence a d'autres conséquences sur la santé. Celles-ci incluent la dépression, l'alcoolisme, l'usage de drogues, la tabagie, les problèmes d'alimentation et de sommeil, ainsi que le SIDA et d'autres maladies sexuellement transmissibles.
On peut cependant prévenir la violence ; ça n'est pas un problème social insoluble ou un élément inévitable de la condition humaine. Les variations très grandes du taux de violence au sein de et entre les nations à travers le temps permettent de croire que la violence est le produit de facteurs complexes mais altérables.
Le mauvais traitement des enfants peut mener à des handicaps psychologiques et physiques. Les punitions corporelles, comme l'amputation, l'aveuglement des détenus, sont à l'origine de handicaps. Par ailleurs, les coups et les insultes peuvent provoquer des maladies mentales, des difficultes scolaires, professionnelles ou sociales.
Les mines sont de petites mais mortelles armes que les armées utilisent pour maintenir les forces énnemies a distance. Elles sont destinées à exploser quand un soldat marche dessus. L'explosion est assez forte pour tuer un petit enfant. Les adultes y perdent généralement une jambe, ou une main et nombreux sont ceux rendus aveugles par l'explosion. Dans plus de 60 pays, sur presque chaque continent des centaines de milliers de personnes ont été tuées ou blessées par ces mines laissées derriere elles par les guerres passées. Aujourd'hui des millions de mines attendent leurs victimes. Ces mines rendent la convalescence des guerres beaucoup plus difficile. Elles menacent la stabilité des gouvernements fragiles et rendent le travail des forces de la paix et des organisations d'aide humanitaire auprès des communautees déchirées par la guerre très difficile.

La bonne nouvelle c'est que pendant les dernières années beaucoup de choses ont été réalisées à travers le monde pour remédier à ce problème, dont l'extraction des mine, un processus nommé déminage humanitaire.

Au début des années 1990, un programme de déminage humanitaire à échelle mondiale fut mis en place et, grâce à son travail, 40 pays affectees par la présence de mines sont touchés. " Action mines " est le terme utilisé pour deecrire tous ces efforts. " Action mines " a tois piliers principaux.

-Le deeminage humanitaire,qui comprend le repérage, le marquage des champs minés ,et l'extraction de ces mines.
-l'éducation sur les risques posés par les mines, destinée à prévenir morts et accidents en enseignant les dangers que les mines représemtent pour les personnes qui vivent dans les régions minées
-L'assistance aux survivants des mines : soins medicaux, des thérapies, des prothèses et la rééducation de ceux qui ont été blessés par les mines.

Le premier objectif de ce programme est d'aider les survivants à reprendre confiance en eux et à travailler pour assurer leur avenir. Le programme les aident à développer les connaissances nécessaires pour subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs familles, et à mener des vies productives malgré leurs blessures.

Les mines : de la prévention à la rééducation

Prévention : sensibiliser les gens

Dans de nombreux pays, les mines blessent les enfants qui sont particulièrement vulnérables parce qu'ils sont mobiles, curieux, et qu'ils ont tendance à prendre des risques. C'est pourquoi des programmes de sensibilisation sont cruciaux pour aider les enfants à prendre conscience des dangers posés par les mines. L'action de l'UNICEF consiste aussi à promouvoir la ratification et la mise en œuvre de la convention pour le ban sur les mines contre les personnes. Par ailleurs, le travail de prévention des mines a aidé à sensibiliser les habitants de nombreux pays à travers un grand nombre de projets. Par exemple :

-En Irak, l'UNICEF s'est engagée dans de nombreuses activités de sensibilisation au problème des mines en collaboration avec le ministere de l'éducation, comme des expositions de peinture, des émissions télévisées et des programmes radio, des posters, des livres pour les enseignants et pour les élèves ainsi que des cours.

-Au Nicaragua, l'UNICEF a mis en place le projet de prévention enfant-enfant avec la Croix Rouge nicaraguayenne. La stratégie employée par le projet est de montrer aux enfants et aux adolescents comment se prévenir les uns les autres des dangers des mines dans les communautés à risques. L'objectif est d'informer les enfants des dangers posés par les mines, de leur expliquer que faire losqu'ils se trouvent en présence de mines ou lorsqu'ils sont confrontés à des incidents causés par l'explosion de mines. Enfin, il s'agit de les encourager à transmettre ces messages à leurs familles et à leurs amis.

Rééducation : La rééducation ancrée dans la communauté

L'UNICEF a soutenu des programmes de rééducation ancrés dans les communautés dans de nombreux pays afin d'aider les enfants et les familles blessées par les mines.

-Au Sri Lanka, l'UNICEF soutient la formation de personnes participant à la rééducation à travers l'association pour la rééducation des handicapés dont le projet est de former 12 personnes qui puissent traiter les victimes des mines psychologiquement et physiquement.

-Au Guatemala, le projet des mines de l'UNICEF a contribué à la formation de 115 enseignants et volontaires consacrés à la rééducation physique, au language des signes, à l'écriture braille et à la thérapie par l'art. Ce projet a aussi contribué à l'organisation de cinq centres de rééducation dans cinq départements affectés par les mines. Ces centres prêtent une attention ciblée sur les problèmes spécifiques des personnes handicapées par les mines dans leur jeune age.

L'assistance psychosociale aux enfants traumatisés par les conflits armés

Les enfants vivant dans les régions minées ou ayant été touchés par les conflits armés sont plus susceptibles que les autres de subir des traumatismes de longue durée. Une partie du processus de rééducation pour les enfants touchés par la guerre consiste pour l'UNICEF a mettre en place des programmes de soutien psychosocial afin de remédier à ces traumatismes.

-Dans la république démocratique du Congo, un programme d'assistance pour la santé mentale a été mis en place à Kisangani et Bunia pour les enfants traumatisés par la guerre. Afin de renforcer et d'améliorer la capacité d'intervention et de traitement, plus de 90 travailleurs sociaux du Kivu du nord et du sud ont été formés.

-En Bosnie-Herzegovine, l'UNICEF a apporté son soutien aux enfants traumatisés au sein des écoles et à travers les ONG travaillant à la rééducation psychosociale et à l'intégration des enfants particulièrement vulnérables. L'UNICEF a développé une série de projets communautaires avec les ONG locales et internationales. Grâce à sa vision globale du problème, l'UNICEF a apporté son soutien a 1350 enfants réfugiés et 500 parents dans 10 camps de réfugiés. A travers les ONG, Zdravo Da Ste, l'UNICEF a soutenu des programmes de rééducation psychosociale à des enfants malentendants et à des enfants ayant des difficultés à s'exprimer en Republika Srpska, un premier pas vers la libération de ces enfants des institutions.

Sous titre de la photo :
Pourquoi devrait-on etre les martyrs de ces conflits stupides et ridicules ?
Fillette du Burundi


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Les pleurs auxquels on ne repond pas : l'institutionalization et la violence vis a vis des enfants handicapes mentaux.

Par Alison A, Hillman, Directrice de l'Initiative de Défense Américaine, Mental Disability Rights Internationall, et Eric Rosenthal, Président, Mental Disability Rights International.

Dans le monde entier, les enfants handicapés mentaux sont placés en institutions dans des hôpitaux psychiatriques et des orphelinats, en grande partie parce que les services communautaires sont insuffisants pour aider les parents à élever leurs enfants au sein de la communauté. Les enfants qui sont mis en institutions font l'expérience de la violence de multiples façons, dont les sévices corporels évidents et les formes plus subtiles de mauvais traitements propres à la vie dans les institutions : des humiliations régulières, une hygiène insuffisante, l'exposition aux contagions, et la négligence d'un personnel débordé. Les jeunes enfants qui grandissent sans famille ou sans parent adoptif constant peuvent subir des dommages psychologiques irreversibles dans les institutions. Pour les enfants plus agés, grandir en institution peut également causer des retards de développement, même dans un cadre institutionnel bien entretenu et avec assez d'employés.
C'est après avoir réfléchit sur les conclusions d'études empiriques sur le danger d'élever les enfants et d'enfermer les adultes dans des institutions que l'Organisation de la Santé Pan Américaine a adopté la Déclaration de Caracas en 1990. La Déclaration de Caracas reconnaît que l'institutionalisation, comme seule réponse aux handicaps mentaux, freine le développement d'un système de santé par ailleurs efficace, et menace les droits humains élémentaires. Les institutions :

(a) Isolent les individus du reste de la société, aggravant ainsi les handicaps sociaux ;
(b) Créent des conditions adverses, qui menacent les droits humain et civils
(c) Absorbent la plupart des ressources financières et humaines allouées à la santé publique
(d) Echouent quand il s'agit de former un personnel qui puisse répondre aux problèmes de santé de la population, aux services généraux de la santé et aux autres secteurs.

Mental Disability Rights International (MDRI) est une organisation de défense des droits humains consacrée à protéger les enfants contre les politiques sociales qui les placeraient à risque dans des institutions. L'organisation enregistre les conditions de vie dans les institutions de santé mentales et sociales, elle forme et travaille en collaboration avec des organisations de défenses basées dans les communautés et travaille avec les gouvernments à la promotion de la protection des droits et de l'intégration dans la communauté. De plus en plus, MDRI a utilisee ses rapports sur les droits humains pour influencer les agences techniques des Nations Unies et les organisations de développement international pour défendre les droits humains et l'intégration dans la communauté des enfants handicapés mentaux.
En Arménie, Bulgarie, Hongrie, au Kosovo, en Roumanie, Russie, Serbie et Uruguay, MDRI a réalisé que les organisations de développement et les charités internationales ont contribué à reconstruire et à améliorer les institutions. Dans certains cas, quand les fonds sont fournis pour créer des alternatives aux institutions, des foyers de groupe ont été construits. Alros que les foyers de groupe sont préférables aux grandes institutions, ils ont cependant des inconvénients pour les enfants. Comme dans les institutions, les enfants grandissent dans les foyers de groupe sans figures parentales avec qui ils pourraient établir des attachements à long-termes. Les foyers de groupe perpétuent la ségrégation des enfants du reste de la société,et conduisent souvent à l'isolement à long-terme dans des établissements pour adultes. Beaucoup d'enfants sont placés en institution dès leur plus jeune age, et sont même souvent assignés à résidence dans une institution de façon " temporaire " afin de soulager la famille qui traverse une période difficile, et finissent par être condamnés à passer leurs vies entières dans les institutions parce que leurs liens avec leurs familles et le reste de la communaute faiblissent. Par ailleurs, les handicaps de l'enfant tendent à empirer en proportion du temps passé en institution.

Résultats des Etudes

MDRI nous a apporté le résultat de ses recherches sur l'impact de l'institutionnalisation des enfants et des adultes dans son rapport de 2002, Pas sur l'Agenda : Droits humains des personnes handicapées mentales au Kosovo. En 1999, quand la mission des Nations Unies au Kosovo (UNMIK) a pris le contrôle du système de santé publique et de services sociaux du Kosovo, les Nations Unies reçurent l'autorité sur l'Institut Spécial Shtime, qui hébergeait 17 enfants sur une population d'environ 300 adultes. Les conditions de vie y étaient atroces pour les adultes comme pour les enfants. Les Nations Unies se sont associées avecMédecins du Monde (MDM) pour retirer les enfants de l'Institut le plus vite possible. Malheureusement les dégats avaient déjà été largement faits. Les membres de MDM ont rapporté que presque tous les enfants avaient subi des sévices corporels ou mentaux à l'Institut. De plus, les handicaps mentaux avaient été exacerbés par les traumatismes et l'isolement de la vie en institution.
MDM a rapidement mis en place deux foyers de groupes ce qui a considérablement amélioré la qualité de vie de ces enfants. Pendant que les Nations Unies élaboraient le projet d'un nouveau système de santé mentale pour adultes à problèmes psychiatriques basé dans la communauté, on supposait que les adultes qui avaient des handicaps de développement resteraient à Shtime pour le reste de leur vie. Malheureusement on risquait ainsi de voir les enfants placés en foyer de groupe renvoyés à Shtime à 18 ans. Des activistes qui défendent les droits des handicapés ont travaillé au Kosovo, et des donateurs hollandais et norvégiens ont accepté de créer des foyers de groupe supplémentaires pour les personnes handicapées mentales au Kosovo. Un de ces foyers sera utilisé pour héberger les jeunes adultes sortis des foyers de groupes pour enfants de MDM. Ces enfants échapperont peut être à Shtime mais il n'y a toujours pas de soutien familial ou d'environnement de substitution à la famille au Kosovo. Le rapport de MDRI félicite les Nations Unies et le gouvernement Kosovar pour avoir sauvé les enfants de Shtime-mais des politiques orientées sur la vie en communauté restent une solution préférable. Le rapport de MDRI prône l'intégration dans la communauté et appporte des recommandations pour la défense des personnes handicapées et de leurs familles. Malgre un soutien international important à la société civile au Kosovo, il n'y a presque aucune subvention destinée à la défense des personnes handicapées mentales.

L'institutionalisation prolongée est une violation des standards internationaux des droits humains

Il est maintenant démontré que même les enfants ayant de sévères handicaps mentaux peuvent bénéficier de la vie en famille et s'épanouir dans la communauté. Un corpus grandissant de lois ayant trait aux droits humains présente l'intégration dans la communauté comme un des droits des personnes handicapées. Ceci a des implications importantes pour le travail des organisation de développement international. La convention sur les droits de l'enfant (CRC) déclare que les enfants handicapés ont droit à une existence " complète et décente, dans des conditions qui permettent la dignité, l'indépendance, et qui encouragent la participation active de l'enfant dans la communauté". La santé, l'éducation, et les programmes des services sociaux " seront conçus pour permettre à l'enfant handicapé l'accès à l'éducation, la formation, aux services de santé, et aux services de rééducation…de manière à favoriser l'intégration sociale et le développement individuel de l'enfant. L'article 23 propose un mandat clair aux organisations internationales qui veulent aider les gouvernements à développer des alternatives aux institutions. Les règles standard ayant trait à l'égalisation des chances pour les personnes handicapées stipulent que les " personnes handicapées sont des membres de la société et ont le droit de demeurer dans leur communautés locales. Elles doivent recevoir le soutien dont elles ont besoin au sein des structures ordinaires des services, de l'éducation, de la santé, de l'emploi et de la société.

L'intégration dans la communauté est nécessaire

Derrière les portes fermées des orphelinats et des autres institutions, les enfants seront toujours vulnérables à laviolence. Une des manières les plus efficaces de combattre la violence est de remettre en cause le problème des institutions. Pour réaliser l'intégration " la plus complète possible " à la communauté il est préférable de créer des programmes de support aux familles (ou des programmes de substitution de familles pour les orphelins) que de créer de nouveaux foyers de groupes. Plutôt que de construire de nouvelles institutions, propres et bien equipées, les organisations de développement international devraient montrer que des modèles d'intégration plus étroits peuvent être adoptés avec succès dans les pays en voie de développement.
Les organisations de personnes handicapées et leurs familles ont joué un rôle important dans la promotion de politiques d'intégration dans les pays qui ont développé des systèmes de services basés dans les communautés. Le rapport de MDRI pour l'UNICEF apporte des recommandations supplémentaires pour que les organisations de développement international puissent redonner un certain contrôle aux familles par le biais de programmes appropriés. Comme MDRI l'a récemment découvert au Kosovo et en Uruguay, ces recommandations sont d'une importance cruciale dans diverses régions du monde.

Pour plus d'information prenez contact avec :
MDRI
1156 15th Street, NW, Suite 1001
Washington DC 20005
Tel : (202) 296-0800
Fax : (202) 728-3053
mdri@mdri.org
www.mdri.org

Références

1. La Déclaration de Caracas (1990), note d'introduction 2, extraite de RODRIGO JIMENES, LOS DERECHOS HUMANOS DE LAS PERSONAS CON DISCAPACIDAD 186 (1996).
2. Observations faites lors d'une mission d'enquête en Uruguay en Avril 2003.
3. Eric Rosenthal et Clarence Sudram, International Human Rights in Mental Health Legislation, 21 NEW YORK LAW SCHOOL JOURNAL OF INTERNATIONAL AND COMPARATIVE LAW 469, 510 (2002)
4. Convention sur les droits de l'enfant, G.A. Res. 44/25, U.N. GAOR, 44th Sess., Supp.No. 49, 166, U. N. Doc. A/44/25 (1989) [CRC], art. 23, Chap. 1.5 Id., art. 23 Chap.3., 6G.A. Res. 96, U.N/ GAOR, 48th Sess., U. N. Doc. A/Res/48/96 (1993), Introduction, para.26.

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Sexes, handicaps et violence

L'extrait qui suit fait partie de " Fillettes et femmes handicapées : Un survol international et un sommaire de recherche, " (2000) par Harilyn Rousso, un auteur connu au niveau international sur les femmes et les fillettes handicapés.

Alors que les sévices physiques et sexuels et les autres formes de violences touchent la vie de toutes les femmes et de toutes les filles, des recherches montrent que la femme et la fillette handicapées sont plus souvent victimes de violence que les autres au sein de leurs familles, des institutions et des communautés. La violence à laquelle elles sont confrontées peut être plus sévère et chronique, et peut prendre des formes uniques, comme la privation de soins essentiels et de médicaments.

Ceci peut être expliqué en partie par le degré et la nature des handicaps. Il peut être plus difficile pour certaines femmes et pour certaines filles handicapées de détecter et de comprendre pleinement la nature violente du comportement de leur aggresseur. Le handicap peut empécher la femme de se défendre et de fuir et de décrire ce qui lui arrive.

Cependant la plus grande part del'explication est à trouver dans les attitudes négatives auxquelles les filles et les femmes handicapées sont confrontées dans de nombreux aspects de leurs vies. Elles sont perçues dans de nombreuses cultures comme malades, incapables, incompétentes et asexuées et sont reléguées à des positions subalternes.
C'est cet environnement négatif qui permet aux aggresseurs qui trouvent dans les femmes et les filles handicapées des victimes faciles. Les femmes handicapées sont aussi souvent privées des opportunités d'apprendre assez sur la sexualité ou sur les mœurs sexuelles acceptables dans leur culture. Enfin les attitudes stéréotypées empèchent la police et les membres de la communauté de répondre de facon appropriee aux incidents de violence contre les femmes handicapées lorsqu'ils ont lieu ; par example ils peuvent douter du témoignage de la personnes handicapée.

Les organisations pour femmes handicapées ont commencé à s'atteler aux problèmes posés par la violence en faisant des études, en parlant du problème, en organisant des cours d'auto-défense et en défendant le droit des femmes handicapées à l'intégration dans des foyers et d'avoir accès à des services pour femmes battus et des programmes de prévention. De plus, des stratégies pour aider les filles et les femmes handicapées à combattre la violence comportent une education sexuelle appropriee, et des opportunités de développer la prise de contrôle de sa vie et de défendre ses intérêts. En prenant conscience que le sexe est un facteur important dans les problèmes liés à la violence contre les personnes handicapées et avec une meilleure information et des programmes de prise de contrôle pour les filles et les femmes handicapées, le cercle vicieux entre le sexe, le handicap et la violence peut être brisé.

Pour obtenir un exemplaire du rapport complet, parrainé par l'Institut Mondial pour les handicapés et la rééducation internationale, prenez contact avec Rehabilitation International :
rehaintl@rehab-internatioal.org.

Sous-titre de la photo
Organisation Mondiale du Travail/Fiorente
La mere et l'enfant, Ethiopie

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Cibler la violence contre les enfants handicapés

Interview avec Dick Sobsey, Directeur de JP Das Developmental Disabilities Centre et un collaborateur au centre d'éthique médicale John Dossetor à l'université d'Alberta à Edmondton, Canada.

Par Michele Morgan, Coordinatrice de programme, Rehabilitation International

Quand on parle des enfants handicapés et de la violence, on parle de violence contre les enfants handicapés et d'enfants rendus handicapés par la violence. Quels sont quelques un des problèmes les plus importants auxquels les enfants des deux catégories doivent faire face ?

Les études n'aident pas vraiment à comprendre si la violence s'exerce principalement vis- à-vis des enfants handicapés ou si c'est la violence qui est à l'origine des handicaps. S'il est si difficile de se faire une idée claire du problème c'est qu'on ne peut tracer aisément les origines des sévices et des handicaps. Par exemple, un enfant a pu être rapporté aux autorités de protection de l'enfance à l'age de 10 ans et on a pu se rendre compte qu'il a été victime de sévices sexuels au même age, et on a pu remarquer qu'il était handicapé quelques années plus tôt. Cela pourrait vouloir dire qu'il était handicapé avant. Cependant dans de nombreux cas les sévices commencent bien avant qu'on s'en apperçoive, et même si les sévices sexuels avaient commencé récemment, de nombreux enfants victimes de sévices sexuels ont été négligé, brutalisés psychologiquemnt et quelque fois physiquement brutalisés depuis la toute petite enfance. Meme quand on peut déterminer le moment ou les brutalités ont commencé, le début du handicap demeure difficile à déterminer. La plupart des enfants qui ont des handicaps intellectuels par exemple ne seront diagnostiqués comme tels que lorsqu'ils commenceront leur scolarité, on suppose que les conditions qui sous-tendent ces handicaps existent depuis bien longtemps.
Dans de nombreux cas, il peut s'agir d'un cercle vicieux. Que les problèmes commencent avec les brutalités ou avec les handicaps, de toutes façons l'un mène à l'autre d'une facon circulaire. Par exemple, certains enfants peuvent avoir des problèmes de comportement mineurs ou des problèmes d'acquisition des connaissances. Dans des conditions ideales, ces enfants peuvent grandir, développer leur potentiel et leur handicap peut ne jamais être diagnostiqué. Quand ces mêmes enfants sont victimes de brutalités ou de négligence, leurs problèmes d'acquisition des connaissances ou de comportement sont considérablement accentués. Des recherches démontrent que le degré de réussite d'un enfant peut descendre d'une déviation standard si l'enfant est brutalisé ou négligé. Par conséquent, l'enfant qui serait tres performant toutes choses égales par ailleurs descend à un niveau normal, l'enfant qui aurait un niveau moyen commencerait à avoir des problèmes, et l'enfant qui aurait des difficultés serait handicapé. Les effets négatifs sur le comportement de l'enfant sont encore plus grands. Alors que l'enfant a de plus en plus de difficultes et paraît plus handicapés, les attitudes culturelles vis a vis des handicaps se traduisent par des attitudes parentales plus négatives vis a vis de l'enfant. Le lien entre le parent et l'enfant qui joue un rôle crucial dans la protection de l'enfant est souvent menacé. Les brutalités et la négligence sont alors plus susceptibles d'avoir lieu.

Est-ce-que vous avez observé des changements dans la nature ou dans les taux de violence contre les enfants depuis des années ?

Il y a peu de faits qui confirmeraient l'idée que les taux de brutalité et de négligence aient changé d'une manière significante pour les enfants handicapés ou non. Cependant, la tendance actuelle est à la transparence, on a plus de chance d'entendre parler de nos jours des brutalités ou de la négligence et on a plus de chance de se rendre compte de l'ampleur du problème aujourd'hui. Les choses se sont améliorées pour les enfants handicapés de trois façons dans les dernières années. D'abord, à l'époque ou les enfants étaient placés en institutions dans des proportions plus importantes et exclus de la société, on peut croire avec raison que les brutalité et la négligence étaient plus présent mais mieux dissimulé. Meme si les recherches existantes sont limitées de beaucoup de façons, les grandes institutions, les foyers de groupe ont été associés à des taux de brutalité plus élevés que les familles traditionnelles. Mais le soutien familial et l'intégration dans la communauté ne mettent pas fin à tous les problèmes de mauvais traitement, il ne fait aucun doute cependant que c'est vers cela qu'il faut se diriger. Deuxièmement nos méchanismes pour protéger les enfants ont été améliorés même s'il nous reste beaucoup de progrès à faire. Par exemple, l'enchainement des enfants handicapés mentalement ou intellectuellement n'etait pas considéré comme une brutalité il y a cinquante ans. Aujourd'hui c'est considéré comme une barbarie dans de nombreux pays et beaucoup d'autres travaillent à réformer cela. Enfin, un mouvement de défense des enfants handicapés a attiré l'attention sur le problème et a commencé à réformer les systèmes légaux, éducatifs, sociaux et de santé pour mieux servir les besoins des enfants handicapés.

Quelles sont les différences en proportion ou en type de violence contre les enfants handicapés ou non selon les régions du monde ?

Il n'y pas eu d'études qui compare les taux et les types de violence selon les pays ou les cultures. Cependant des études effectuées dans des pays divers indiquent que le taux de violence est haut vis-à-vis des enfants handicapés. Les types de violence subies par les enfant paraissent similaires dans le monde, mais il y a des problèmes particuliers qui touchent les enfants handicapés dans certains pays et certaines cultures. Par example dans certains pays la honte associée aux sévices sexuels s'ajoute au mal que constituent ces sévices. Des jeunes filles handicapées pré-pubères ou adolescentes sont parfois placées comme domestiques dans d'autres familles. Les sévices sexuels ne sont pas exceptionnels, mais le stigma attaché à ces sévices est si grand qu' il est rarement rapporté. Dans certains cas, les adolescentes handicapées qui ont été victimes de sévices sexuels ont été assassinées par leur propres familles c'est ce qu'ils appellent les " crimes d'honneur ".

Les régions du monde affectées par la guerre et autres formes collectives de violence représentent un problème particulier pour les enfants handicapés. Les enfants sourds ou ayant des handicaps physiques ont été fusillés pour avoir refusé d'obéir aux ordre des soldats ou des policiers qu'ils ne pouvaient entendre ou comprendre. De nombreux enfants handicapés sont aussi victimes des explosions de mines, des bombardements, et des actes terroristes parce qu'ils ont du mal à apprendre ce qu'il faut faire pour minimiser les risques. Par example, des bennes à ordures ont été souvent utilisées pour dissimuler des bombes, et beaucoup de gens ont appris à s'en tenir à distance mais les enfants ayant des handicaps de développement apprennent rarement à se protéger de ce danger et sont les victimes les plus fréquentes.

Les effets indirects de la guerre sont plus subtils mais aussi plus terrifiants. Les enfants handicapés et leurs familles sont souvent plus vulnérables à la destruction de l'infrastructure physique, économique et sociale. Par exemple, une famille peut survivre quand un parent s'occupe de l'enfant handicapé pendant que l'autre travaille. Quand un parent est tué ou emporté par un soldat, le parent qui reste peut ne pas être capable de travailler et s'occuper de l'enfant. De la même facon, des familles peuvent être à peine capable d'apporter les soins nécessaires à un enfant fragile, mais quand leur maison est détruite ou qu'ils deviennent réfugiés, il peut devenir impossible de s'occuper de leur enfant. De plus la guerre veut souvent dire que les médicaments, anti-convulsifs en particulier viennent à manquer. L'électricité et l'eau propre peuvent aussi être coupés. Ces problèmes touchent tout le monde, mais les enfants qui dépendent des ressources médicales pour rester en vie sont les plus cruellement touchés.

Est ce qu'une prise de conscience de la violence et des handicaps a eu lieu à l'échelle internationale ?

Une prise de conscience au niveau international s'élargit au niveau international. Les Nations Unies sont en train de mener une étude considérable sur la violence contre les enfants handicapés et sur les mesures de prévention qui peuvent être prises. Elle est basée sur la reconnaissance de la violence en tant qu'un des problèmes les plus sérieux auxquels les enfants du monde entier doivent faire face. En mettant en place le Comité de Conseil aux Organisations Gouvernementales pour cette étude, les organisations qui représentaient le enfants handicapés furent consultées et des membres du Comité furent sélectionnés à cause de leur expertise sur la violence contre les enfants handicapés. Cette étude en est encore à ses débuts, mais il y a de bonnes raisons d'espérer qu'elle représentera une étape essentielle dans la prise de conscience internationale du problème de la violence vis-à-vis des enfants handicapés.

Quelles sont quelques-unes des mesures positives pour protéger les enfants contre la violence ?

Comme nous l'avons mentionné plus hant, le progrès de l'intégration éducative et communautaire a joué un rôle important dans les réduction des risques. Le progrès dans la défense des droits des handicapés et la prise de contrôle de leur vie furent considérables. Les sociétés développent des vues plus positives sur les handicapés,et ce faisant elles deviennent plus sécurisantes. Quand un groupe est isolé et dévalué, il est aussi victimisé. Des programmes ciblés pour apprendreleurs droits aux handicapés et pour leur apprendre à se défendre contre les sévices doivent être assortis de réformes pour apprendre au système de justice criminelle à faire en sorte que les crimes contre les handicapés soient traités de la même facon que les crimes contre les autres citoyens. Il y eu des progrès encourageants mais il reste beaucoup à faire.

Est ce que vous croyez que des problèmes importants n'ont pas été approchés dans le dialogue international sur les enfants et la violence ?

De nombreux problèmes doivent toujours être résolus, mais à mon avis aucun n'est plus important que les attitudes de discrimination qui prédominent dans la plupart des cultures. Les personnes handicapées sont toujours considerées comme moins valables et moins valorisées. Par example, quand la Chine a été critiquée pour avoir laissé des enfants handicapes mourir de faim et de négligence médicale dans ses orphelinats, elle a déclaré qu'on " laissait mourir " de nombreux enfants handicapés dans les hôpitaux américains parce que quelqu'un assume qu'il vaut mieux être mort qu'handicapé. Les attitudes qui sous-tendent les pratiques chinoises et américaines enlèvent les inhibitions contre toute formes de violence vis-à-vis des handicapés. Jusqu'à ce que cela change les vrais progrès seront limités.

D'un autre côté il faut aussi étudier les familles et les communautés saines. Dans notre étude sur la violence contre les enfants handicapés notre attention s'est concentrée sur les pires situations. Les progrès peuvent être difficiles si on ne regarde que ce côté de l'équation. Nous devons également étudier ce qui fait que certaines familles et certains enfants vont si bien.

Dick Sobsey est le directeur de JP Das Developmental Disabilities Centre et un collaborateur du Centre d'ethique medicale John Dossetor à l'université d'Alberta à Edmonton, Canada.

Sous-titre de la photo
ANGOLA : Domingos, 12 ans, qui a perdu une jambe en sautant sur une mine, se tient sur des béquilles en face des tentes ou il vit à Campo Minars, un centre parainné par l'UNICEF pour les personnes déplacées par la guerre, près de la ville centrale de Kuito. Derrière lui, sa mère, Margarida qui a aussi perdu une jambe.

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Les handicaps, la violence et les statistiques

Disability Awareness in Action (DAA), un périodique parrainé par Disabled Persons International, IMPACT, Intégration Internationale et la Fédération Mondiale des Aveugles, a publié une banque de données contenant 1910 rapports " d'abus en violation avec la Convention de la Déclaration Universelle des Droits Humains, affectant " un total de 2 466 348 personnes handicapées dans le monde. Ces rapports sont basés sur des informations donnees principalement par des organisations internationales de defense des handicapés et ont des filiales locales et nationales. Treize pour cent de ces individus sont mort à cause des violations des droits humains. DAA remarque que l'article 5 de la Déclaration Universelle des Droits Humains était le plus transgressé.

Pour plus d'information sur le rapport, Review of Evidence Contained on the DAA Human Rights Database march 2003, ou pour le texte complet, prenez contact avec DAA à : damin@daa.org.uk

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Ressources c Ressources c Ressources

Publications et articles

Le rapport Mondial sur la Violence et la Santé, Organisation Mondiale de la
Santé, Genève, 2002. L'Organisation Mondiale de la Santé a lancé le premier rapport mondial sur la violence et la santé le 3 Octobre 2002. Les objectifs du rapport était de sensibiliser les gens au problème de la violence au niveau global, pour démontrer qu'on peut prévenir la violence et pour mettre en valeur le role crucial que la santé publique joue en remédiant à ses causes et à ses conséquences.
http://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/world_report/wrvh1/en/

Protéger les adultes et les enfants handicapés contre les abus (2003), publié par le Conseil de L'Europe. Le rapport décrit l'ampleur et la nature de cet abus et vise à faire en sorte que les personnes handicapées soient protégées contre les atteintes délibérées et/ou évitables, au moins autant que pour les autres citoyens et que quand ils sont particulièrement vulnérables,des mesures supplémentaires soient mises en place pour protéger leur sécurité. Réédition avec un format nouveau en 2003 d'un titre publié en 2002. Pour obtenir des informations aller à http://book.coe.int/gb/Cat/Liv/htm/l1917.htm

Les Enfants, la torture et le pouvoir : la torture des enfants par Etat et par groupe d'opposition armé, ISBN 1 84187 038 2, 108pp 2000. Ce livre traite de la question des enfants et de la torture dans l'agenda international des droits humains et étudie les moyens de combattre ce terrible problème. Il examine les facteurs qui mènent à la torture et les mauvais traitements , ainsi que ses effets sur les enfants et les mécanismes de prévention. Pour plus d'information email : orders@plymbridge.com.

Vestiges explosifs de la guerre : l'héritage mortel des conflits armés, publication de l'ICRC, 2003 ref. 0828. Une brochure concise qui met l'accent sur les risques mortels que les mines non-explosées et abandonnées posent aux civils et aux pays touchés par les conflits armés longtemps après que la guerre soit finie. En plus des coûts humains et sociaux infligés par ces armes, la brochure souligne l'importance du travail effectué au niveau international pour répondre au problème. L'objectif de la brochure est de sensibiliser les gens aux risques des mines et d'appeler la communauté internationale à l'action pour prévenir et pour réduire l'impact que ces armes ont sur les populations civiles.http://www.icrc.org/Web/Eng/siteengO.nsf/html/p0828?OpenDocument

La violence et les femmes handicapées par Iglesias, M. ; Gil, G. ; Joneken, A. ; Mickler, B. ; Knudsen, J. S., METIS projetct, Union Européenne DAPHNE initiative, 1998. Ce rapport extensif examine les femmes handicapées et la violence et cible en particulier à sensibiliser le public à la compléxite de la situation. Ce rapport peut être utilisé comme un instrument pour l'élaboration des politiques de planification et pour les programmes pour les femmes handicapées.. Pour plus d'information aller a :
http://www.independentliving.org/docs1/iglesiasetal1998.html

Pendant ce temps : les jeunes filles en Afrique dans l'impasse du SIDA, par Janet Fleischman, Washington DC, International Herald Tribune, April 2, 2003. Cet article examine l'épidémie de SIDA en Afrique et comment elle est alimentée par les sévices et la subordination imposés aux jeunes femmes. Les jeunes femmes, en particulier les plus vulnérables comme les orphelines, sont considérée comme saines, c'est à dire séronégatives ; elles sont par conséquent les cibles de l'abus sexuel. La pauvreté et les structures sociales et légales hostiles aggravent la situation. Pour l'article complet voir :
www.hrw.org/editorials/2003/aids_africa1.htm.

Les coûts physiques, economiques et sociaux de la violence par les armes a feu, Alliance pour le contrôle des armes à feu, Afrique du Sud. Evalue le prix de la violence par les armes à feu, dont les handicaps et les difficultés économiques et sociales pour les survivants. Disponible à : http://www.gca.org.za/facts/briefs/05costs.htm.

Le problème des sevices infligés aux enfants est devenu très sérieux, par Wafaa Al-Kredia, écrivain invite à Arab View. L'auteur attire notre attention sur l'augmentation de la violence vis-à-vis des enfants dont les enfants handicapés en Arabie Saudite. Pour l'article entier aller à :
www.arabview.com/articles.asp?article=2.

Assistance aux enfants touchés par la guerre, Agence Américaine du Développement international. Comprend une liste des différent fonds et de l'assistance disponible pour les enfants touchés par la guerre (www.usaid.gov/press/releases/fs991101.html). Pour des informations plus précises sur les fonds aller à www.usaid.gov/pop_health/dcofwvf.

Briser la jarre en terre : leçons de l'Asie du Sud pour cesser la violence contre les femmes et les filles. Hayward, RF. Kathmandu, UNICEF Agence Régionale pour l'Asie du Sud, 2000.

Les enfants des rues et les gangs dans les villes africaines, conseils aux autorités locales. Ochola L., Dzikus A. UN-HABITAT UMP Working Paper Services, 2000 :18.

Guide pour le soin des blessures dues aux mines et aux explosifs non-explosés, Sethi D., Krug E, eds. Geneva, WHO, 2000.

La violence domestique contre les femmes et les enfants, Sushma K. Innocenti Digest, 2000 :6.

Les enfants et la violence, UNICEF. Innocenti Digest, 1997 :2.

Pratiques traditionnelles nocives pour la santé des femmes et des enfants. UNHCHR, Genève, UN, 1997 (Fact Sheet No. 23).

Stratégies pour la protection de l'enfant. Organisation Mondiale de la Santé. Copenhague, OMS, Bureau régional pour l'Europe, 1998.

Organisations :

Enfants blessés par les corrections et pour avoir été attachés (CIBRA)
La mission principale de cette organisation est de fournir un réseau de soutien national/international aux parents dont les enfants (les enfants adultes compris) ont été traumatisés, blessés ou tués par des corrections infligées et/pour avoir été attachés. Cette mission a aussi pour objectif de sensibiliser le public aux sévices qui ont lieu dans les lieux de traitement. Pour plus d'information prenez contact avec :
http://users.1st.net/cibra/index/htm.

Sites internet :

Comité pour les Droits de l'Enfant
http://www.unhchr.ch/html/menu2/6/crc.htm


Convention sur les Droits de l'Enfant
http://www.unicef.org/crc/crc.htm

La Violence Domestique Contre les Femmes et les Enfants
http://www.unicef.org/vaw/domestic.pdg

Département pour la Prévention des Blessures et de la Violence http://www.5.who.int/violence_injury_prevention/


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UN SUR DIX
Volume 24 - 2003
Les numéros récents de Un sur Dix, en anglais, français et espagnol peuvent être trouvés sur le site internet de Rehabilitation International, www.rehab-international.org

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