One In Ten
Un sur Dix

UNE PUBLICATION DE REHABILITATION INTERNATIONAL/COLLABORATION D'UNICEF A PROPOS DES HANDICAPS DE L'ENFANCE

Volume 23 2002

Les traités de l'ONU: Session spéciale sur les enfants et première rencontre d'un comité Ad Hoc pour discuter des handicaps et des droits humains.

Note de l'éditeur:
Ce numéro d'Un sur Dix est consacré à deux initiatives majeures des Nations Unies qui ont le potentiel d'affecter la vie des personnes handicapées, et en particulier celle des enfants d'une manière considérable: la Session Spéciale de l'ONU qui, entre autres choses, a permis d'évaluer les 10 ans de la Convention des Droits de l'Enfance (CDE), et la première rencontre du Comité Ad Hoc sur une Convention Internationale Detaillée et Complète sur la Protection et la Promotion de Droits et de la Dignité des Personnes Handicapées.
Les deux initiatives offrent une nouvelle perspective sur les droits humains et placent au premier plan le besoin urgent de mettre en oeuvre et de contrôler les mécanismes inhérents aux traités de L'ONU qui peuvent avoir un réel impact sur les 600 millions et plus d'enfants, de jeunes et d'handicapés du monde entier.
L'accent principal de cette publication se porte sur la Session Spéciale des Nations Unies sur les enfants qui s'est tenue du 8 au 10 mai 2002 à New York et qui a fait suite au sommet de 1990 sur les enfants. Harilyn Rousso, directrice de Disabilities Unlimited Consulting Services et rédactrice spéciale de ce numéro, et Tomas Lagerwall, Secrétaire Général de Rehabilitation International, ont servi de rapporteurs pour la Session.
En reconnaissance de l'importance des débats ayant cours sur de la nécessité d'une Convention sur les droits des personnes handicapées, Michele Morgan, consultante indépendante pour Rehabilitation International, fut invitée à faire un rapport pour Un sur Dix lors de la première rencontre du comité Ad Hoc mis sur pieds par l'Assemblée Générale des Nations Unies pour discuter d'un nouveau traité. La rencontre eut lieu à New York du 29 Juillet au 9 aout.
Thomas Hammarberg, l'un des participants aux réunions des Nations Unies en tant que membre de la délégation suédoise et directeur du Centre International Olof Palme, nous a accordé une interview sur la manière dont la Convention sur les droits des personnes handicapées va bénéficier aux enfants handicapés.
"Si elle est adoptée, la situation particulière des enfants handicapés fera l'objet de plus d'attention qu'aujourd'hui. Les gouvernements qui la ratifieront devront expliquer comment ils pensent la mettre en oeuvre. Les conventions de l'ONU ne sont pas toujours la panacée du progrès, tout finit par dépendre de la volonté politique. Une Convention peut néammoins être un instrument de pression vis à vis de ceux qui sont responsables. Une Convention peut aider à modifier les attitudes: de la charité à la reconnaissance des droits."


Dans ce numéro:

La Session Spéciale des Nations Unies sur les enfants: Comment est-ce-que les enfants handicapés sont impliqués? Page 2
Les voix des jeunes handicapés Page 3
Entretien avec Gerison Lansdown, Droits des Enfants Handicapés Page 6
Entretien avec Zuhy Sayeed, Intégration Internationale Page 7
Entretien avec Dr. Uma Tuli, gouvernement de l'Inde Page 9
Enfants aveugles de Roumanie, un rapport de WBI Page 10
Moments clefs de l'UNGASS, Rencontres Spéciales sur les Enfants, la Discrimination et les Désavantages Page 11
Entretien avec Maria Eugenia Antunez, du Mexique Page 15
Références Page 16

Sous-titre:
Ditte Christensen, une jeune participante du Danemark.

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Session Spéciale de l'ONU sur les enfants: comment est-ce-que les enfants handicapés sont impliqués?

Introduction

Par Harilyn Rousso, directrice de Disabilities Unlimited Consulting Services et rédactrice spéciale de ce numéro de Un sur Dix.

La majeure partie de ce numéro de Un sur Dix est consacrée à la Session Spéciale des Nations Unies sur les Enfants, qui eut lieu du 8 au 10 mai 2002 à New York et qui a assuré le suivi du Sommet sur les Enfants de 1990. Lors de cette Session Spéciale, des délégations du monde entier se sont retrouvées pour rédiger un document qui reflète les engagements internationaux et nationaux à répondre aux besoins et à respecter les droits des enfants dans les années à venir. La Session fut précédée d'un forum d'enfant qui dura trois jours (du 3 au 5 mai), dont les délégués, qui avaient tous moins de 18 ans, furent réunis pour la préparation, la défense, et les premières prises de contact.
Pendant la Session Spéciale, diverses rencontres furent organisées autour des problèmes spécifiques des enfants, parrainées par les organisations non gouvernementales (ONG), les agences de l'ONU et autres entités diverses. Des centaines d'ONG furent des défenseurs actifs pendant la Session Spéciale. Parmi elles, plusieurs ONG internationales axées sur les handicaps ont travaillé à promouvoir l'intégration des besoins et des droits des enfants handicapés dans le document final.
Cette Session Spéciale fut unique grâce à la participation très active des enfants. Dans cet esprit d'écoute et d'apprentissage par les enfants, ce numéro se consacre en particulier à trois jeunes handicapés qui ont assisté à la Session Spéciale ainsi qu'au forum des jeunes qui l'a précédé: Ditte Christensen du Danemark, Juan Angel de Gouveia du Venezuela, et Jehanzeb Khan du Pakistan.
Ce numéro comprend aussi des extraits d'entretien qui eurent lieu avec trois participants à la Session Spéciale, très attachés à la cause des droits des enfants handicapés: Zuhi Sayeed, co-president du Sous-Comité aux Handicaps du Comité sur les Droits de l'Enfance, qui a beaucoup fait pour que les handicaps figurent dans le document final de la Session Spéciale intitulé Un monde fait pour les enfants; Gerison Landsdown, consultant pour les droits de l'enfant handicapés qui a voyagé dans le monde entier en mesurant l'impact de la Convention sur les droits de l' Enfant sur les enfants handicapés; et Dr. Uma Tuli, Haut-Commissaire pour les personnes handicapées du gouvernment de l'Inde, qui a défendu la cause de l'intégration dans son pays.
Par ailleurs, ce numéro comprend une partie d'un rapport rédigé par les représentants du symdicat mondial des aveugles qui ont assisté à la Session, témoignant ainsi du poids qu'une défense constante peut représenter.
Pour finir, le bref tour d' horizon d'une session attenante figure ici, l'UNGASS Special Event on Children, Dircrimination and Disadvantage: Preventing Discrimination Against Children-Ensuring Inclusion for All Children (rencontre spéciale sur les enfants, la discrimination et le désavantage: la prévention de la discrimination contre les enfants-assurer l'intégration pour tous les enfants). Cette session fut parrainée par le gouvernement canadien, en collaboration avec l'UNICEF, Intégration Internationale, la Société de Secours Arménien, Droits pour les Enfants Handicapés et l'ONG Disability Rights Caucus pour la Session Spéciale sur les Enfants de L'assemblée Générale des Nations Unies.
Lors de cette Session, les formes diverses de la discrimination basée sur les handicaps, le sexe, la race et l'ethnicité ont toutes été abordée ensemble de manière à aider à situer la discrimination vis à vis des handicapés dans un context plus large et à promouvoir des alliances entre les divers défenseurs de l'enfance.
Quel impact la Session Spéciale des Nations Unies sur les enfants eut-elle sur la vie des enfants handicapés? Comme vous pourrez le voir, les réponses varient considérablement. Ce qui frappe le plus c'est l'espoir des jeunes. Ils sont convaincus que le changement peut avoir lieu et qu'il aura lieu, et ils sont prêts à travailler à ces fins. Il est aussi remarquable que ces jeunes activistes sont déjà engagés dans le travail des ONG. Leur enthousiasme et leur expertise--ils connaissent à fond les besoins et les forces des enfants handicapés--sont un puissant rappel du potentiel que représentent les jeunes handicapés pour les ONG axées sur les handicaps. Malheureusement, c'est souvent un potentiel laissé en friche parce que de nombreuses ONG ne peuvent apporter le support qui puisse répondre aux besoins des enfants handicapés. Si ce numéro de Un sur Dix encourage les lecteurs à réflechir aux manières de faire participer les jeunes handicapés à leur travail dans les communautés, il aura rempli sa fonction.

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Les voix des jeunes handicapés à la Session Spéciale des Nations Unies sur les Enfants.

La Session Spéciale des Nations Unies sur les Enfants (UNGASS) a réuni dans des proportions inédites de très nombreux enfants et jeunes personnes du monde entier--plus de 300. La jeunesse a représenté le gouvernement officiel et a agit en tant que délégation des ONG. Elle a travaillé avec des documents fournis dans des versions pour enfants ce qui a facilité l'engagement des jeunes dans les discussions et les débats. Diverses rencontres eurent lieu, toutes destinées aux jeunes, dont le Forum pour les Enfants, une session de trois jours pour les délégués de moins de 18 ans qui a précédé l'ouverture de la Session Spéciale l'Assemblée Générale, une première!

Quel rôle les enfants et les jeunes ont-ils joué pendant la Session Spéciale? Bien que la proportion des jeunes handicapés à la Session Spéciale ait été bien au-dessous de leur présence dans le monde (un sur dix), bon nombre de jeunes handicapés se sont joints aux délégations de gouvernements ou des ONG, et furent d'ardents défenseurs pour les handicapés ainsi que pour des questions liés aux problèmes spécifiques et au potentiel des jeunes. Ci-dessous, les grandes lignes des entretiens qui eurent lieu avec deux jeunes handicapés, l'une venant du Danemark et l'autre du Venezuela, les deux étant des délégués officiels du gouvernement. L'extrait du journal de l''un des jeunes reporters, un jeune homme pakistanais handicapé par la polio fait suite à ces entretiens.

Ditte Christensen, déléguée officielle du Danemark
" Mener une vie à part entière'

Une jeune réalisatrice de films engagées pour les droits des handicapés

Interview menée par Harissa Rousso

-Parles moi un peu de toi

J'ai 22 ans, je vis à Copenhague, la plus grande ville du Danemark, et je travaille pour une chaîne de télévision locale, dans une émission pour enfants. Les films et les émissions de télévision m'intéressent beaucoup, en réaliser surtout. Je suis les cours d'une école de film au Danemark depuis huit mois. Avant ça j'étais au Gymnase, une formation entre le lycée et l'université.

-Comment est ce que tu t'es retrouvée engagée pour les droits pour les handicapés? Comment est ce que tu t'es retrouvée ici, à cette session?

Au Danemark, j'ai fait du volontariat pour l'Association Contre la Dystrophie Musculaire Progressive. Et une autre organisation, DSI, m'a contactée parce qu'ils avaient besoin de jeunes handicapés physiques. Je suis atteinte de dystrophie musculaire progressive, c'est pourquoi je suis dans une chaise roulante. DSI voulait que je travaille pour eux. Ils cherchaient quelqu'un qui mène une vie normale, qui fasse ce que les autres gens font, et qui ne pense pas à son handicap comme à quelque chose qui limite sa vie, mais plutôt comme à une partie de sa vie, et qui soit capable de faire tout cela fonctionner. Alors, c'est comme ca que je me suis retrouvée ici. Je fais partie de la délégation danoise, qui est composée d'à peu près 10 ou 12 personnes. On se relaie pour aller aux sessions; seulement six personnes peuvent y assister à la fois.

Pas assez de présence handicapée

-Quelles sont tes impressions sur la manière dont l' UNGASS se déroule?

Je trouve que cela se passe très bien. Il est difficile de se rendre parfaitement compte de la manière dont les choses se déroulent vraiment parce que c'est tellement grand, il y a tellement de monde. Je trouve que ce qui manque le plus c'est les enfants handicapés; ils sont toujours les moins nombreux. Les gens parlent des enfants qui travaillent, mais les enfants handicapés ne peuvent même pas travailler, ou avoir un emploi. Et quand il s'agit des abus sexuels, alors que les enfants sont décrits comme ayant des droits, ceux qui sont handicapés n'en ont aucun, ils ne sont pas considérés comme de vrais enfants; c'est un gros problème.

-Est ce que les sessions prennent en considération les préoccupations des enfants handicapés?

Oui et non. Il faut comprendre que les enfants handicapés sont une petite minorité, alors c'est particulièrement difficile de les faire participer aux débats. C'est déjà difficile pour les enfants qui ne sont pas handicapés, alors pour inclure les enfants handicapés il faut vraiment travailler très dur. La plupart des gens ne se sentent pas concernés par les problèmes des handicapés.

-Est ce que tu as parlé du problème des enfants handicapés lors des sessions auxquelles tu as assisté?

Oui, moi et un autre jeune handicapé, nous avons posé des questions sur ce qu'il faut faire au sujet des enfants handicapés, selon le sujet de la session en cours. A chaque fois que nous avons été là, les jeunes handicapés ont été évoqués.

-Est ce que tu penses que l'UNGASS va aider les jeunes handicapés?

Sincèrement? Non. C'est trop grand. Les enfants handicapés sont une toute petite minorité. C'est pourquoi, lorsqu'ils se battent pour les enfants, comme dans les pays developpés, on a un problème, parce que les enfants handicapés sont en bas de la liste, il est très difficile de les mettre sur l'agenda. C'est assez difficile comme ca de mettre les enfants sans handicap sur l'agenda. Il faudra encore attendre des années avant que cela change. Mais en même temps les choses changent constamment, et c'est une bonne chose d'évoquer le sujet pendant la réunion. C'est très important, mais est-ce-que cela va vraiment aider? J'en doute.

Le CRC: en un sens c'est trop superficiel

-Est ce que tu crois que la Convention pour les Droits de l'Enfant traite assez bien des problèmes de l'enfance handicapée?

Cela dépend de la manière dont vous voyez les choses. Je crois que lorsqu'ils disent "tous les enfants devraient avoir des droits," les enfants handicapés sont compris. Mais pour que cela soit vrai il nous faudrait de une assistance supplémentaire et des équipement afin que l'on puisse aller et sortir de l'école, trouver un emploi, se faire des amis, se faire une vie.

-Tu veus dire que les enfants handicapés ont besoin de quelque chose de plus pour pouvoir exercer leurs droits?

Oui mais ça n'est pas seulement le cas pour les enfants handicapés, tous les enfants ont besoin de quelque chose de plus. Quand on examine les droits tels qu'ils sont énoncés par la Convention, on se dit qu'ils sont très superficiels. Mais en même temps, c'est comme ca que ca doit être parce qu'il y a tant de pays. Il faudrait aller de pays en pays pour se rendre compte de ce don't les gens ont besoin et ce dont les enfants ont besoin pour pouvoir exercer leurs droits.

-De quoi les enfants handicapés ont-ils le plus besoin aujourd'hui?

C'est une question è laquelle il est très difficile de répondre. Tout dépend du lieu où vous vivez. Si vous vivez dans un pays comme le Danemark, vous ne pouvez pas très bien vous débrouiller en chaise roulante, mais vous avez des aides, vous avez une voiture, vous avez de quoi subvenir à vos besoins physiques pour mener une vie normale. Mais si vous vivez dans un pays d'Afrique, là le problème est différent. Là il s'agira peut être de se faire respecter en tant qu'enfant qui a les même besoins et les mêmes droits que tous les autres enfants. Et quand les autres enfants, ceux qui ne sont pas handicapés, ne sont pas respectés et n'ont aucun droit, c'est encore plus difficile. Alors ca dépend.

Juan Angel De Gouveia, délégué officiel du Vénézuéla: "activiste pour les enfants sourds et handicapés."

Devenir un défenseur et un modèle

-Parles moi un peu de toi

Mes parents étaient sourds, ma mère, mon père, mon grand-père et tout le monde du côté de mon père étaient sourds, alors j'ai été élevé dans une communauté de sourds. J'ai été à l'école primaire avec des sourds, et c'est au lycée que j'ai découvert la communauté des entendants. En 1999, le gouvernement a demandé aux enfants de participer à un parlement de jeunes. Nous avons suggéré un certain nombre d' amendements législatifs à la constitution. J'ai été élu vice-président de ce parlement pour jeunes. Après cela, j'ai commencé à travailler pour les droits des enfants handicapés-le droit à la propriété, à la citoyenneté, à l'usage du language des signes; et le droit d'avoir des programmes de télévision en language des signes. Le parlement a accepté toutes les propositions et elles furent toutes comprises dans la nouvelle constitution. Il y eut beaucoup de discussions avant que le président approuve la nouvelle constitution.
Mon organisation s'appelle CECODAP-Por Los Derchos de la Infancia y Adolescencia-(Pour les Droits des Enfants et des Adolescents). Nous travaillons pour les droits des enfants et des jeunes handicapés. J'ai beaucoup de responsabilités. Je travaille avec les enfants et les jeunes handicapés; il voient comment je travaille et apprennent ainsi. J'ai commencé à travailler quand j'avais 17 ans; aujourd'hui j'ai 20 ans.

Représenter les enfants handicapés à l' UNGASS

- Comment est ce que tu as été choisi pour être délégué du Vénézuela à L' UNGASS?

J'ai eu le plaisir de voyager dans plusieurs pays en tant que représentant du Vénézuéla pendant les deux dernières années. Il y a quatre mois, je suis allé à Panama. La bas j' ai rencontré Liisa Kauppinen, la présidente de la Fédération Mondiale des Sourds. Liisa était impressionnée par mon travail au Vénézuéla. Le Vénézuéla a pu réaliser beaucoup de choses que d'autres pays n'ont pas pu faire. Liisa a aussi été impressionnée par le fait qu'une personne si jeune ait pu réaliser un travail si considérable. Elle m'a mis en contact avec les Nations Unies et c'est comme ca que j'ai été sélectionné. Le gouvernement m'a soutenu, convaincu que ma participation mènerait à de bonnes choses; c'est comme cela que j'ai pu participer.

-Quelles sont tes impressions sur la Session Spéciale sur les Enfants? Comment est ce que tu penses qu'elle affecte les enfants handicapés?

Pendant les dix dernières années, il fut difficile de réaliser plusieurs choses, mais je suis convaincu que les dix prochaines années apporteront beaucoup de changements. Je n'ai jamais perdu l'espoir que quelque chose de bien allait arriver. Je ressens de l'optimisme, de l'amour, et le désir d'aider les autres. Ces sentiments seront ma base de travail pendant les dix années à venir. Il est très important que les chefs d' état aient fait en sorte que les enfants puissent venir ici exprimer leurs propres vues. C'est une des choses très positives de cette session.

-Est ce que les handicaps furent évoqués dans les sessions diverses et dans les discussions?

Pas à cent pour cent, mais ils ont été assez bien représentés dans la plupart des sessions. Je pense que nous seront heureux de voir le résultat de notre travail dans dix ans. Je suis heureux d'être là en tant que jeune sourd, mais j'aimerais voir plus d'enfants handicapés participer. Les gens qui ont des handicaps de toutes sortes devraient beaucoup plus travailler ensemble.

Nécéssités Pressantes: Education et Intégration

-Quels sont les problèmes les plus pressants qui se posent aujourd'hui aux jeunes handicapés?

L'éducation et l'intégration des enfants handicapés, ce sont des problèmes fondamentaux. Ainsi que de meilleurs rapports au sein des familles afin que tout le monde participe. L'intégration est tellement importante. On croit que tous les enfants peuvent aller jouer au parc par exemple, mais souvent les enfants handicapés n'ont même pas cette option. C'est le même problème dans tous les domaines, que ce soit dans la vie quotidienne ou dans la vie politique. Avec l'intégration, on peut partager la vie de chacun et la communauté toute entière a des droits.

Jehanzeb Khan, délégué officiel du Pakistan et jeune reporter à l'UNGASS: défenseur des droits de l'homme.

Cette section est extraite du site internet de l'UNICEF

Lutter contre l'analphabétisme, la discrimination basée sur le sexe et la polio

Jehanzeb Khan, 16 ans, croit que l'analphabétisme est le "plus grand mal qui puisse affecter les sociétés." Cette conviction est enracinée dans son expérience personnelle: Jehanzeb s'est retrouvé handicapé lorsqu'il était petit, de suites de la polio; il pense que si ses parents avaient été instruits ils l'auraient immunisé.
Après avoir survécu à la polio, Jehanzeb a nourrit une passion: "aider ceux qui sont dans le besoin." A ces fins, il a rejoint les rangs des Scouts du Pakistan. L'organisation l'a aidé à promouvoir l'alphabétisation. En collaboration avec l'UNICEF, elle soutient la campagne pour un "Pakistan Libre de la Polio," une cause à laquelle Jehanzeb est passionnément voué. Jehanzeb est aussi engagé dans la défense des droits des filles. Il a travaillé de multiples manières pour le développement de l'instruction pour les filles. Il a participé au projet de l'UNICEF intitulé Girls Project in Pakistan (projet pour les filles au Pakistan) axé sur les problèmes particuliers qui se posent aux filles tout en les aidant a acquérir education et formation professionnelle.
Jehanzeb a aussi participé au travail d'une organisation nommée Brothers join Meena (Frêres unis à Meena), une branche de l'UNICEF--soutenue par Meena Communication Initiative, qui défend les droits des petites filles de l'Asie du Sud. Meena est une série en 13 épisodes qui raconte l' histoire d'une petite fille d'Asie du Sud qui se bat pour ses droits, et en particulier pour le droit d'aller à l'école. Elle doit aussi faire face à de nombreuses injustices dont la stigmatisation sociale liée au VIH/SIDA.

Extraits du journal écrit du 4 au 5 mai: "Tous les enfants du monde ne font qu'un"

Je m'appelle Jehanzeb Khan de Baluchistan, au Pakistan, et je représente le projet "frêres qui se joignent à Meena." C'est un projet qui réunit l'UNICEF et les Scouts de Baluchistan (BBSA) et qui est axé sur l'éducation des filles, l'immunisation des enfants en dessous de l'âge de un an, et l'hygiène. J'ai travaillé dans un secteur étendu avec mes compagnons scouts afin de motiver les parents à instruire leurs enfants (en particulier les filles), immuniser leurs enfants et se préoccuper de l'hygiène. Nous les avons si bien motivés, avec l'aide des scouts, de nos profs et de nos supporters que nous sommes parvenus à faire en sorte que 75 a 80% des filles aillent à l'école primaire dans certaines régions.
Le Forum des Enfants de la Session Spéciale de l'ONU a débuté le 5 mai. Une fois la cérémonie d'ouverture passée, seuls les enfants pouvaient rester au forum--on a effectivement demandé à tous les adultes de partir. Nous, les enfants du monde, nous sommes sentis comme une grande famille.
Des groupes se sont formés selon les régions et les langues parlées. On nous a attribué des tâches selon les thèmes que nous voulions aborder et selon les objectifs que nous nous étions fixés. Chaque groupe a fait sa propre présentation. Trois comités furent formés, le premier pour les médias, le second pour l'évaluation et le troisième pour la cérémonie de clôture.
A la fin de la journée, je me suis senti très heureux d'avoir pu me faire tant d'amis et d'avoir eu la chance de partager mes idées avec mes frêres et soeurs des autres pays. J'ai eu le sentiment que les enfants du monde étaient un, et que personne ne pourrait les séparer.


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LA DISCRIMINATION ET L' EXCLUSION AUXQUELS LES ENFANTS HANDICAPES FONT FACE DOIVENT FAIRE L'OBJET D'UNE ATTENTION TOUTE SPECIALE.

Entretien avec Gerison Lansdown, Droit pour les Enfants Handicapés.
Par Harilyn Rousso

-Qu'est ce que la Convention des Droits de l'Enfant a fait pour les enfants handicapés?

Elle a fait deux choses très importantes. La première est d'avoir intégré les handicaps comme bases de protection contre la discrimination dans l'article 2; et c'est le premier traité des droit humains à avoir réalisé cela. C'est un pas en avant énorme parce que cela exige des gouvernements qu'ils offrent aux enfants handicapés une protection légale appropriée contre la discrimination. La seconde chose importante fut d' incorporer l'article 23, qui touche tout particulièrement aux droits des enfants handicapés. D'un côté, ce fut une très bonne chose parce que cela a mis en lumière l'importance des droits des enfants handicapés. Lorsque les gouvernements s'occupent des droits de l'enfant, ce qu'ils font lorsqu'il s'agit les enfants handicapés c'est par rapport à l'article 23. Nous avons une convention avec 54 critères pour tous les enfants, mais les seuls critères auxquels les gouvernements s'intéressent quand il s'agit des enfants handicapés sont ceux qui figurent dans l'article 23 c'est à dire ceux qui relèvent de la sécurité sociale et de l'éducation.

Ce qu'il faudrait c'est placer les droits des handicapés au coeur des droits humains en général, en d'autres termes il faudrait les démarginaliser. Si vous étudiez la convention en terme du droit à la vie, les gouvernements ne font jamais de compte-rendu qui explique comment ils font en sorte que le droit à la vie soit protégé pour les enfants handicapés. Ils n' expliquent jamais comment le droit à l'information est protégé pour les enfants handicapés, le droit de jouer et le droit à la récréation, le droit à une culture artistique, le droit à la protection contre la violence and les mesures particulières nécessaires. Alors quand il s'agit de la mise en oeuvre et du contrôle de la mise en oeuvre de la Convention, on se heurte à une vision très étroite et très limitée de ce qu'il est possible et nécessaire de changer.
En décrivant les besoins spécifiques des enfants handicapés--les mesures particulières et les services--l'article 23 reproduit le modèle médical. Ce modèle tend à décrire les problèmes liés aux handicaps comme étant inhérents à l'enfant. Il suggère aussi que le gouvernement doit agir directement sur l'enfant. Il n'y a donc là ni d'engagement ou de compréhension du modèle social des handicaps, ni le sens de l'obligation pour le gouvernement de contribuer à créer un environnement dans lequel l'enfant puisse pleinement participer. En ce qui concerne le droit de participer en général, certains gouvernements ont beaucoup fait pour commencer à mettre en place les structures qui permettent aux enfants d'exercer leur droit de participer à la société. Mais il est très rare qu'ils aient fait assez attention à la nécessité d' intégrer les enfants handicapés dans ces réseaux et qu'ils leur en aient facilité l'accés. Il faudrait qu'ils fassent deux choses: qu'ils intègrent les enfants handicapés d'une manière générique afin que les enfants handicapés puissent discuter, en tant qu'enfants, de toutes sortes d'autres problèmes, et qu'ils créent un espace pour que les enfants handicapés puissent discuter de leurs problèmes particuliers: la discrimination et l'exclusion doivent être prises en considération.

-Est ce que l'article 23 a eu pour effet d'améliorer la vie des enfants handicapés?

Cela varie beaucoup d'un lieu à l'autre. L'existence de l'article 23 nécessite que les gouvernements publient ce qu'ils font dans ce domaine. On trouve maintenant toujours quelque chose dans leurs rapports sur les enfants handicapés et il n'en serait pas ainsi sans l'article 23. Dans les rapports qui relèvent des autres conventions comme CEDAW, les handicaps ne sont pas mentionnés.
Aujourd'hui, un débat sur le concept de l'intégration par l'éducation circule dans de nombreux pays. Les gens ont acquis une meilleure compréhension du principe, même si cette compréhension n'est pas nécessairement assortie de celle de la réalité pratique.
Certains pays ont réalisé beaucoup de choses dans ce domaine. En Afrique du Sud par exemple, ils ont introduit des lois très sévères contre la discrimination, qui tiennent compte de manière explicite de la situation des handicapés. Ils ont mis en oeuvre une stratégie nationale d' intégration pour les handicapés qui fonctionne très bien pour les adultes mais qui comporte des lacunes pour des enfants. Et ceci en partie parce que cette stratégie fut rédigée en collaboration avec des organisations de défense des handicapés dirigées pour la plus grande part par des adultes. Un bureau fut créé, à la présidence même, chargé de l'exécution de cette stratégie, et une équipe spéciale consacrée à ce travail travaille au parlement. Par ailleurs, des répliques de toutes ces structures furent créées au niveau des provinces. Les organisations de défense des handicapés leur servent de consultants, et ils ont mis en place une commission des droits humains avec un commissaire des droits des handicapés et un commissaire des droits des enfants. Bref, beaucoup de choses furent réalisées en Afrique du Sud.

-Est ce que vous croyez que la Convention a aidé l'Afrique du Sud à réaliser ces choses?

La Convention des Droits de l'Enfance a provoqué de nombreux débats et renforcé l'engagement des participants à éliminer les barrières sociales et psychologiques ainsi que celles liées aux attitudes. Mais il n'y a pas assez d'argent. Dans un pays où il ya tant de pauvreté, ce travail fut extrèmement difficile à réaliser. La ségrégation basée sur la race et les capacités était partout, dans toutes les écoles. Il ont une stratégie sur dix ans, une stratégie tres détaillée qui vise à l'intégration. Le CRC fut crucial en cela; c'est la pierre angulaire de l'édifice. La stratégie est enraciné dans les standards clef de la Convention.
La Convention a attiré l'attention des gouvernements sur les enfants afin qu'ils soient rendus beaucoup plus visibles qu'avant. Pendant les dix dernières années, nous sommes devenus beaucoup plus conscients du nombre d'enfants touchées par l'exploitation sexuelle à l'échelle internationale par exemple. L'ONU vient d'initier une étude sur la violence. Il y a toujours eu beaucoup de problèmes mais avant, les enfants étaient invisibles. Le monde a commencé à réaliser que les enfants sont des sujets de droits mais ils n'en ont pas encore assez pris conscience pour les handicapés.

-Quel impact pensez-vous que cette Session Spéciale des Nations Unies aura sur les enfants handicapés?

Il y a quelques bonnes sections dans le document final qui expriment l'engagement pour la défense de l'intégration, pour la non-discrimination des handicapés et pour l'éducation qui intègre. Mais le problème demeure: les gouvernements vont continuer à préparer leurs plans nationaux d'action en n'accordant pas plus d'attention aux handicapés que ce que les courts fragments de la Convention qui mentionnent les handicapés ne leur suggèrent. C'est pourquoi nous devons guider les gouvernements et les ONG et leur suggérer de préparer leurs plan nationaux d'action avec la perspective des handicapés à l'esprit. Qu'il s'agisse des jeux, de la protection, de la violence, de l'information, des les droits reproductifs et autres domaines. Nous devons leur faire comprendre que ce qu'ils préparent ils le préparent pour TOUS les enfants, y compris les enfants handicapés.


- Qu'est ce qui les motiveraient à garder les handicapes dans leurs esprits dans tous les aspects de leurs plans nationaux?


Il nous faut les coalitions d'ONG qui ont furent formées pour incorporer toutes les organisations de défense des handicapés. Dans de nombreux pays des coalitions d'ONG ont travaillé ensemble et ont rédigé ensemble des rapports alternatifs pour le Comité pour les droits de l'enfant. Il arrive encore trop souvent que ces organisations qui promeuvent les droits des handicapés ne fassent pas partie de ces coalitions. Le monde des handicapés et le monde des enfants tendent à exister de façon séparée, parallèle. Il faut que nous travaillions très dur pour faire en sorte que les organisations de defense des handicapés s'allient avec les coalitions pour les droits de l'enfant. C'est ainsi que les handicaps trouveront un place importante dans la pensée des ceux qui débatent des problèmes de l'enfance et des dirigeant à tous les niveaux. A la Conférence Centrale sur l'Exploitation des Enfants par exemple, je ne suis pas sùre qu'on ait assez parlé des handicapés, hors les enfants handicapés sont extrêmement vulnérables à l'exploitation sexuelle.

-Quelles sont les prochaines étapes dans l'intégratîon des handicaps dans l'agenda sur les droits internationaux des enfants?

Premièrement, il faut que nous étudions chaque plan national d'action dans son intégralité en terme de ce qu'il apporte aux enfants handicapes et de ce qu'il impose aux
Gouvernements. Deuxièmement, nous devons mobiliser ensemble les organisation de défense des handicapés et les coalitions d'ONG. Troisièmement, nous devons profiter de l'étude de l'ONU sur les enfants et la violence pour faire en sorte que les enfants handicapés et leurs besoins, leurs droits et chacune de leurs expériences particulières
d'abus sexuels et de violence soient pris en considération d'une manière adéquate.

-Quelles sont les priorités pour les enfants handicapés?

Une des choses qui m'horrifient le plus après avoir travaillé sur les rapports sur le status des enfants handicapés c'est le degré de violence exercée contre eux, et l'incapacité dans laquelle ils sont de se protéger parce qu'ils ne peuvent ni s'extraire de la portée de ceux qui les font souffrir ni expliquer ce qui leur arrive. C'est pourquoi être inclus dans le rapport des Nations Unies est tellement important pour nous. Une autre priorité est le droit d'être entendu et de voir les gouvernements considérer les enfants handicapés comme ayant la même valeur que les autres enfants. Un autre enjeu majeur est que nous devons nous battre contre le silence et l'invisibilité qui tendent à entourer les enfants handicapés.

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NOUS AVONS BESOINS DE DEFENSEURS DES ENFANTS DANS LE MONDE ENTIER


Entretien avec Zuhi Sayeed, Co-président, du sous-comité sur les handicaps du comité pour les droits de l'enfant et conseiller spécial pour les droits des enfants pour Inclusion International (Intégration Internationale).

Par Harilyn Rousso

-Quel impact est ce que la Convention sur les Droits des Enfants a eu sur les enfants handicapés?

D'un coté l'article 23 de la Convention des Droits de L'Enfant nous a rendu un grand service, de l'autre elle nous a porté préjudice. En deux mot, tous ceux qui s'occupent d'appliquer les mesures dérivées de la Convention ont pensé que les enfants handicapés seraient pris en charge par d'autres instances. Alors c'est ainsi que l'article sur l'éducation, ou l'article sur la vie communautaire, ou encore l'article sur la justice n'avaient pas à se préoccuper des enfants handicapés parce qu' un chapitre à part traitait soit-disant des enfants handicapés.

Mon instinct est que la Convention a très peu fait, et qu'une différence frappante demeure entre ce que la plupart des gouvernements disent qu'ils ont fait pour les enfants handicapés et ce qu'ils ont vraiment accompli. La Convention a éveillé les consciences mais ce qui aurait du être fait n'a pas eu lieu.

Notre vision et notre objectif consistent à faire figurer les enfants handicapés dans chacun des articles de la Convention et dans chacune des clauses du rapport final. Nous devons intégrer les enfants handicapés dans tous les aspects de notre travail afin de créer un monde meilleur pour les enfants-dans tous leurs aspects. On ne peut plus les laisser à part. Mais on a poussé aussi fort qu'on a pu et ca n'a pas marché.

-Est ce que l'avant- projet du document final intègre bien les handicaps?

L'avant-projet du document final est faible sur les handicaps et sur tout ce dont nous avons besoin. Il y a très peu de références au handicaps, huit à peu près, et elles ne sont pas assez fortes. Le Comité pour le Droits de l'Enfant était le seul mécanisme qui incluait les conseils des ONG, et il a travaillé très dur avec nos suggestions du sous-comité sur les handicaps, pour faire en sorte que les enfants handicapés soient correctement intégrés dans des clauses diverses. Le Comité pour les Droits de l'Enfant fut en soi très encourageant, le produit de bonnes personnes, du bon sens et d'une bonne compréhension des problèmes de l'enfance. Le comité a mentionné les handicaps à multiples reprises, et dans les termes que nous avons suggéré. Là ou l'avant- projet est plus faible c'est dans la partie où figurent les délégations officielles. Le language utilisé y fut perçu comme beaucoup plus vague, impliquant que des ressources seraient nécessaires, et allant à l'encontre des interêts de l'enfant. Les principaux problèmes sont les références faites aux ressources ainsi que les déclarations-assez fréquentes malheureusement - que les enfants et les adultes handicapés qui vivent dans la communauté n'y seraient pas en sécurité. Les gens tendent à utiliser les problèmes des handicaps pour dissimuler leurs propres peurs de ne pas vivre en sécurité et protégé. Ils sont nombreux à penser, comme par le passé, que les handicapés doivent tous être placés dans des institutions spécialisées. Ils ne comprennent pas à quel point il est important de construire des communautés où tout le monde se sente protégé et en sécurité.

Bien que nous ayons fait des progrès depuis un bon moment dejà, nous devons rester vigilants parce qu'il semble qu'une régression soit en train d'avoir lieu. Sont en cause l'absence d'une vraie communauté, et la mauvaise volonté quand à la canalisation des ressources disponibles vers les enfants handicapés. Notre société est devenue très orientée vers les résultats immédiats. La première réaction des gens qui ne comprennent pas c'est de penser que les jeunes handicapés ne sont pas productifs. Parce que nous sommes tellement imprégnés par l'idée de compétition et par la pensée à court terme, nous avons de plus en plus tendance à bloquer les ressources par peur de ne pas parvenir à des résultats immédiats.


-Qu'est ce qu'il serait nécessaire de faire à votre avis pour que l'on puisse mettre les enfants handicapés sur l'agenda des Nations Unis, des gouvernements, et des ONG?


Etant présente aux Nations Unies cette semaine, j'ai réalisé qu'au niveau international, il n'y a pas la volonté de vraiment changer les choses pour les enfants en général. Alors bien sùr, pour nos enfants handicapés qui sont encore plus exclus et marginalisés, et qui en plus se heurtent à la discrimination, quelle chance y a-t-il? Il faut comprendre qu'avec ce document final compromis par les vues des gouvernements sur ce qui doit ou ne doit pas avoir lieu, nous devons être vraiment très unis en tant qu'organisation qui travaille pour les enfants handicapés.

Nous devons être conscients de ce que nous pouvons faire pour mettre en oeuvre et pour surveiller l'execution des decisions prises au niveau international. Nous devons créer une prise de conscience globale et un agenda global. C'est essentiel. Une organisation toute seule ne pourra pas le faire, et les organisations de défense des handicapés ne pourront y arriver seules non plus. Il va nous falloir trouver des defenseurs des enfants handicapés dans le monde entier.


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Le plus grand impact à la Session Spéciale fut celui des enfants.

Interview avec Dr. Uma Tuli, Commissaire pour les personnes handicapées, gouvernement de l'Inde.

Par Harilyn Rousso

-Quel impact est ce que la Convention sur les Droits de l'Enfant a eu sur les enfants handicapés?

La Convention, en provoquant une prise de conscience sur les droits des enfants a contribué à attirer l'attention sur les droits des enfants handicapés. En Inde, par exemple, la loi de 1995 sur les personnes handicapées (opportunités égales, protections des droits et participation totale) a mis en avant beaucoup des préoccupations évoquées à la Convention, tout en tenant compte des besoins particuliers de ces enfants dans le pays. Il y eut beaucoup de changements en Inde, dans l'éducation et dans l'éradication de la polio ainsi que des autres maladies à l'origine de nombreux handicaps. Le temps de la charité est passé. Aujourd'hui nous devons éveiller les consciences et l'acceptance, et plus important encore, nous devons reconnaitre les droits des enfants handicapés.

-Quels effets est ce que vous pensez que la Session Spéciale des Nations Unies sur les Enfants ont eu pour promouvoir les droits et pour répondre aux besoins des enfants handicapés?

A la Session Spéciale, j'ai bien peur que les enfants handicapés en tant que tels n'aient pas eu une place très importante. La plupart des intervenants n'ont fait qu'évoquer le problème, quand ils l'ont fait! Sans vouloir avoir l'air tendancieuse, j'ai particulièrement apprécié la déclaration du ministre du développement des ressources humaines, Dr. Murli Manohar Joshi, qui a dirigé la délégation indienne, pour avoir exprimé l'engagement de l'Inde dans le renforcement de ses efforts pour faire respecter les droits des enfants handicapés, en particulier dans les domaines de l'éducation et de l'emploi.Il est évident que chaque pays doit appliquer la Convention tout en tenant compte de ses besoins particuliers et de ses ressources.

-Quels sont aujourd'hui les besoins les plus pressants des enfants handicapés?

Il leur faut des droits égaux ainsi que la pleine participation. Nous devons comprendre que ces enfants ont un potentiel et nous pouvons mettre cette compréhension à l'oeuvre en leur offrant l'education qui leur permettra de trouver un emploi. En Inde, par exemple, le ministre des Resources humaines et du développement a réussi à faire augmenter considérablement le nombre d'enfants handicapés qui vont à l'école.
Dans certaines régions, l'alliance d'une éducation informelle et d'une formation professionnelle pour les enfants handicapés a contribué à des accomplissements notables.

D'autres nécessités pressantes comprennent une attention particulière aux problèmes liés à la discrimination sexuelle. Le taux de filles qui abandonment l'école est plus fort que celui des garcons, et c'est particulierement vrai des enfants handicapés. Un autre problème important est le rapport étroit entre la pauvreté et les handicaps. Comme nous l'avons mentionné plus haut les conventions et les sommets on un effet de catalyseur. Mais comment l'élan est-il developpé et entretenu? C'est un problème qui se pose d'une manière individuelle aux divers pays. L' impact le plus grand à la Session Spéciale fut celui exercé par les enfants eux-mêmes.


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Les enfants aveugles en Roumanie: Un rapport de l'UMA


L'Union Mondiale des Aveugles a envoyé deux représentants à la Session Spéciale des
Nations Unies, Ms. Ana Pelaez, d'Espagne, et Ms. June Waugh des Etats Unis.
Ce qui suit est extrait de leurs rapports.


Le travail le plus important que nous ayons réalisé aux Nations Unies a trait à la situation en Roumanie. Peu après que la reunion de L'UMA à Mumbai nous avons reçu une lettre de l'Association Roumaine pour les Aveugles. C'était un appel à l'aide pour l'éducation et le placement des enfants handicapés en Roumanie. La lettre etait confuse et manquait de clarité dans son exposé du problème, mais le degré de désespoir par contre était très clair. Nous avons fait tous les efforts possible pour discuter de cette lettre avec les représentants de la mission et du gouvernement roumains.

Notre premier rendez-vous fut pris avec Karin Hulshof, la représentante de L'UNICEF en Roumanie. Elle nous a expliqué que la situation des enfants aveugles, et celle des tous les enfants handicapés, était très mauvaise en Roumanie. Le gouvernement vidait ses institutions pour faire des economies et de nombreux enfants rentraient dans leurs communautés sans avoir pu bénéficier de programmes appropriés. Depuis l'été 2001, 19 000 enfants sur 47 000 ont été ainsi retirés des institutions où ils avaient été placés. Elle nous a très fortement encouragées à contacter le Ministre de l'Education ou le Ministre de l'Enfance lors qu'ils seraient à New York pour la Session Spéciale.

Une délégation tres importante du gouvernement roumain était présente. Nous ne sommes par parvenues à rencontrer la Mission Roumaine aux Nations Unies. On nous a suggéré de participer à une rencontre parallèle qui avait trait aux progrès que la Roumanie avait réalisé en combattant l'épidémie de SIDA. C'était Daniela Bartos qui faisait la présentation. Nous nous sommes présentées avant le début de la conférence et nous lui avons parlé de ce qui nous préoccupait. Nous lui avons demandé si nous pouvions discuter avec elle après la conférence. Elle lut et fit circuler les documents que nous lui avions transmis parmi quelques collègues. A la fin de la conférence qui dura deux heures elle nous a informées qu'elle ne discuterait pas avec nous mais que son assistant nous arrangerait un rendez-vous avec quelqu'un d'autre. On nous dit qu'on nous appellerait, pas plus tard qu'une heure et demie après. Inutile de dire que cet appel n'eut jamais lieu. Il fut évident qu'il y avait un problème grave en Roumanie puisqu'ils ne voulaient pas en parler avec nous.

La persévérance finit par payer

Nous avons eu la grande chance d'être invitées à une réception le même soir, donnée en l'honneur du Président roumain. Karin nous a presenté au ministre de la protection de l'enfance, Ms. Gabriela Coman. Elle nous a écoutées et fut très receptive. Elle nous dit qu'il y avait eu un malentendu avec l'association roumaine pour les aveugles et qu'elle allait travailler avec nous dès son retour en Roumanie la semaine suivante. Bien que cette prise de contact fut brève, nous avons perçu qu'elle fut aussi une véritable victoire. Nous allons pouvoir donner suite à cette conversation.

Jane Waugh
Région Amérique du Nord/Caraïbes, représentante du Comité pour les Droits de l'Enfant.

Le 21 Mai 2002


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LUTTER CONTRE LA DISCRIMINATION VIS-A- VIS DES ENFANTS-ASSURER L'INTEGRATION DE TOUS LES ENFANTS

Moments de l'UNGASS Rencontre Spéciale sur les Enfants, la Discrimination et le Désavantage: le 10 Mai 2002.

Par Harilyn Rousso

(Un compte-rendu détaillé de cette rencontre est publié dans le numéro 13 du magazine Internet Disability World, disponible à l'adresse: www.disabilityworld.org. Un bref tour d'horizon et quelques commentaires de trois jeunes participants figurent ci-dessous).

Tour d' horizon

Cet événement qui eut lieu le dernier jour de la Session Spéciale pour les Enfants de l'ONU a permis l'ouverture d'un dialogue international sur les differents types de discrimination et de désavantage auquels les enfants doivent faire face dans le monde entier. L'idée était de créer un agenda global pour promouvoir 1'intégration. La session a
souligné l'importance des problèmes posés par la discrimination et les désavantages liés aux handicaps, au sexe et à la diversité raciale et ethnique. Elle a proposé des stratégies pour combattre la discrimination et pour promouvoir l'intégration.

La session fut dirigée par les co-présidents du sous-comité aux handicaps du Comité sur les Droits de l'Enfance, Zuhy Sayeed d'Inclusion Internationale (Intégration Internationale) et Penny Gargosian de la Société du Secours Arménien. Parmi les intervenants: Landon Pearson, sénateur canadien; Gerison Landown envoyé par le rapporteur spécial sur les handicaps et président du groupe de travail CRC sur les droits des enfants handicapés, Andres Guerrero, ancien conseiller d'éducation, UNICEF, Roberto Leal, Directeur, Inclusion Interamericana; Michael Back, vice-président de l'Association Canadienne pour la Vie en Communauté, Son Altesse Royale Marie Therese-Antangana Assiga-Randa, reine du Yaundi, Cameroun; et trois jeunes délégués auprès de l'UNGASS: Jennifer Jdwero du Kenya, Myron Wolf-Enfant du Canada et Juan Angel De Gouveia du Venezuela.

La session a représenté des perspectives variées sur la discrimination vis-à-vis des enfants à travers le monde. Ell a identifié des liens entre les diverses formes existantes de discrimination et décrit des modèles de combat efficaces pour la combattre. Pour finir, elle a lancé un appel à l'action collective pour promouvoir les droits de tous les enfants.

Citations des jeunes participants

Jennifer Jadwero du Kenya (14 ans)

"Le rôle des garcons et des hommes dans la lutte contre la discrimination est important. Si nous, les filles et les femmes le voulont, nous pouvons leur faire part de solutions et pas seulement de problèmes et si nous faisons cela nous pourrons bientot et nous aurons bientôt un monde où tous seront égaux, et où tous pourront béneficier pleinement des droits humains dans un monde sans discrimination de sexe et sans violence."

Juan Angel de Gouveia (Jeune sourd du Vénézuéla):

"Dans beaucoup de pays il n'y a pas d'école pour les enfants et les adolescents handicapés. Dans le cas des aveugles, des sourds et des enfants handicapés physiques, il n'y a pas d'obstacles physiques. Nos cerveaux fonctionnent aussi bien que ceux des autres. Alors pourquoi y aurait-il des limites à notre éducation?"

"Il est inacceptable que les gouvernements aient à payer des primes aux employeurs pour qu'ils engagent des jeunes handicapés. A quel point est-ce que cela devient de la discrimination? Les handicapés devraient étre engagés en fonction de leurs capacités et de leurs potentiels."

Myron WoIf-enfant (jeune indien pied-noir du Canada):

"Les gens ne sont pas nés racistes ou nés pour discriminer-c'est acquis. La solution est plutôt évidente aujourd'hui: il faut instruire les gens et leur apprendre la vérité sur les citoyens du monde. Un tel processus comprendrait l'incorporation les enseignements des
aborigènes et des indigènes dans les manuels d'école, encouragerait les gouvernements à continuer ou à commencer à utiliser des informations correctes sur la diversité culturelle dans leurs nations, et plus important encore: chacun d'entre nous devrait s'enseigner à soi-même la vérité et apprendre à la dire."


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PROGRES DE LA CONVENTION INTERNATIONALE SUR LES HANDICAPS

Rapport sur la première réunion du comité Ad Hoc de 1'Assemblée Générale des Nations Unies sur une convention internationale détaillée et intégrale pour la protection et la promotion des droits et de la dignité des personnes handicapées.

Par Michele Morgan

Une nouvelle convention?

Tous les jours dans le monde entier les enfants handicapés souffrent de la discrimination qui s'exerce envers eux. On leur barre l'accès à l'éducation ainsi qu'à d'autres opportunités et à d'autres droits dont leurs amis non-handicapés bénéficient. Ils sont sur-représentés dans la tranche de ceux qui souffrent de négligence et d'abus, et ils sont trop souvent abandonnés dans des institutions qui ne peuvent leur apporter ce dont ils ont besoin. Il ne fait aucun doute que la communauté internationale est responsable de la défense des droits de ce groupe d'enfants marginalisé et rendu trop souvent invisible.

Le 29 Juillet 2002, le comité Ad Hoc de 1'Assemblée Générale des Nations Unies sur une convention internationale détaillée et intégrale sur la protection et la promotion des droits et de la dignité des personnes handicapées s'est réunie pour la premiere fois pour débattre de projets pour un nouveau traité international des droits de l'homme qui affirmerait les droits des personnes handicapées. La réunion dura deux semaines. Les participants: les délégués des états membres, plusieurs ONG axées sur les problèmes des personnes handicapées et des experts du droit des personnes handicapées. Le résultat de cette réunion fut positif; le comité n'est pas tombé d'accord sur une convention mais a recommandé que l'on fasse progresser le débat en acceptant de se réunir en ma ou en juin 2003 pour une session dix jours de travail supplémentaires. Bien que de nombreuses organisations non-gouvernementales (ONG) auraient souhaité quelque chose de plus définitif, cette première réunion mis la discussion sur les rails.

La nécessité d'une convention

Des mandats internationaux, tels que le Programme d'Action Mondiale, qui luttent contre la discrimination très répandue qui affecte les enfants et les adultes handicapés, ont fait progresser les droits des handicapés. Ils ont aussi su intégrer la formation de l'égalisation des opportunités, et les Règles Standard sur l'Egalisation des Opportunités pour les Personnes Handicapées de L'ONU, qui ont défini les responsabilités des états dans la prise d'initiative pour la pleine participation. Ces instruments n'ont pas été suffisant cependant pour détruire les nombreux obstacles auxquels la communauté mondiale des handicapés du monde doit faire face. C'est pourquoi de nombreuses organisations, dont Rehabilitation International, et de nombreux individus de la communauté du droit international des handicaps cherchent à réunir une convention de l'ONU qui soit ciblée sur les droits des personnes handicapées.

Mr. Bengt Linqvist, le rapporteur spécial sur les handicaps a identifié trois raisons principales pour souligner l'importance d'une telle convention. Premièrement, les six traités principaux sur les droits de l'homme furent rédigés sans prendre en compte les handicaps: une convention séparée seraient taillée sur mesure pour pouvoir répondre au besoins des personnes handicapées. Deuxièmement, une convention offrirait "statut, autorité et visibilité" aux handicaps en tant que problèmes ayant trait aux droits humains. Troisièmement, la création d'un mécanisme de contrôle assez considérable permettrait une plus grande conformité ainsi qu'une mise en oeuvre plus effective des mesures qui visent à surmonter les obstacles à la pleine participation des personnes handicapées à la société.

Le processus a fait un grand pas en avant quand l'Assemblée Générale de l'ONU, grâce à l'initiative du Mexique, a créé un comité Ad Hoc pour explorer la possibilité d'une convention sur les droits des personnes handicapées. La réunion, qui dura dix jours, fut présidée par Monsieur l'Ambassadeur Luis Gallego d'Equateur. Elle a consisté en discussions thématiques pendant lesquelles les états membres et les ONG ont pu discuter. Des débats important eurent lieu au sujet de la création éventuelle d'une nouvelle convention des droits humains et pour savoir si les instruments légaux qui existent déjà sont suffisants ou non pour affirmer et défendre les droits des personnes handicapées.

Depuis le début il était clair que quelques états membres n'étaient pas convaincus qu'une nouvelle convention soit nécessaire. Ils pensaient que les personnes handicapées étaient déjà protégées par d'autres conventions et que l'intégration des handicaps dans les mecanismes de contrôle des conventions des droits humains suffiraient à assurer la défense des droits des personnes handicapées. Alors que les vues des états membres divergeaient sur cette question, le comité des ONG a présenté un front uni et a défendu l'idée d'une nouvelle convention sans faiblir.


Une approche multi-pistes

Les parties en faveur d'une nouvelle convention ont avancé l'idée qu'une approche multi-pistes était la meilleure manière de procéder. De nombreux états membres étaient préoccupées par l'effet qu'un nouveau traité pourrait avoir sur les accord internationaux déjà en place. Ils voulaient savoir en particulier comment une nouvelle convention affecterait des instruments tels que la Convention sur les Droits de l'Enfance qui évoque les enfants handicapés dans l'article 23. La question des cinq autres conventions sur les droits humains se posa également, ainsi que celle de 1'Accord de Salamanque sur l'éducation qui intègre. En effet ces conventions sont aussi destinées à affirmer et défendre les droits humains pour tous les peoples.
En réponse à ces réticences, les ONG qui défendent une approche multi-pistes, affirment qu'une nouvelle convention devra travailler en collaboration avec les accords

internationaux sur les handicaps qui existent déjà. Ceci pourra être accompli en renforçant les règles standard de l'ONU, en poussant la perspective des handicaps dans les sphères d'action des six conventions existantes et simultanement, en travaillant à une convention qui affirme et défende d'une manière spécifique le droit des personnes handicapées.

Le rôle des ONG

La décision du comité Ad Hoc d'accélérer le processus pour que la réunion ait lieu a eu pour résultat une participation plus active des ONG. Diverses ONG, au niveau international, régional, national et local furent capable d'exprimer leurs opinions, de partager leur expertise et de défendre leurs vues avec efficacité. Des réunions quotidiennes du comité des ONG, les interventions faites par plusieurs représentants des ONG, ainsi que des comptes rendus quotidiens des réunions et des bulletins de conseil ont servi à exprimer la voix forte et unifiée des organisations de défense des handicapés et à communiquer la nécessité d'une convention comme un pas en avant nécessaire pour affirmer et défendre les droits humains de tous les peoples.

Les ONG ont lancé un appel: "rien sur nous sans nous" en canalisant les discussions, en apportant des avis d'experts, et en se rappelant constamment que l'objectif était de créer une nouvelle convention. Par ailleurs, les ONG pressèrent les états membres de venir assister à la prochaine réunion mieux préparés pour pouvoir aborder des questions de substance liées aux droits des handicapés. Le dernier jour de la réunion du comité Ad Hoc, l'ambassadeur Gallegos a parlé de l'importance de faire participer les ONG d'une manière active dans les prochaines réunions pour que tous puissent bénéficier de leur expertise dans le domaine des droits des handicapés.

A l'issue de la réunion Ad Hoc

Bien qu'il ne soit pas tombé d'accord sur l'idée d'une nouvelle convention, le comité a finalement recommandé de faire avancer le débat et de se réunir une nouvelle fois en Mai ou en Juin 2003 pour une session de travail supplémentaire de dix jours. Malgré ce résultat relativement positif, nombreux furent ceux, dans la communauté de défense des handicapés à regretter que les états membres n'aient pas adopté une position plus forte sur le besoin d'une convention qui affirme et défende d'une manière spécifique les droits des personnes handicapées.

Dans la série des réunions qui suivront, les états membres sont encouragés à faire participer les représentants des organizations de défense des personnes handicapées ainsi que les experts dans ce domaine en continuant le travail du comite Ad Hoc et en tant que membres des délégations. Par ailleurs, des fonds volontaires furent levés pour soutenir la participation des ONG et des experts des pays en voie de developpement puisqu'il est etabli que 80% des personnes handicapées vivent dans les pays en voie de développement. Les gouvernements, la société civile et le secteur privé sont invités à contribuer à ce fond.

Une convention des droits humains pour les personnes handicapées servirait à renforcer la prise de conscience du fait que les handicaps relèvent des droits humains et à décrire les droits et les besoins des personnes handicapées. Bien que la convention sur les droits de l'enfant évoque les enfants handicapés, en particulier l'article 23, selon Tomas Lagerwall de Rehabilitation International, elle n'a "pas eu un impact aussi fort sur les enfants handicapés que de nombreuses personnes dans la communauté des personnes handicapées ne l'avaient espéré. Pour cette raison une convention ciblée sur les droits des handicapés est vitale."

En réalite de nombreux obstacles à la pleine participation dans la société continuent de barrer l'horizon des enfants handicapés. Charlotte Vuyisa McClain, membre de la délégation sud-africaine, a evoqué plusieurs difficultés auxquels se heurtent les enfants handicapés de son pays. "Les enfants handicapés sont encore plus marginalisés et silencieux que les enfants en général" et cela, ajouté à "une culture de la honte ou les mythes et les stigmas liés aux handicaps rendent ces enfants "invisibles," ne fait qu'augmenter "la vulnérabilité de ces enfants vis-à-vis des abus sexuels, physiques et émotionnels." Ms. McClain ressent la nécessité de la perspective des handicapés sur les droits humains parce qu'elle "reconnait les différences et permet de mettre en place des mesures protectrices."

La convention des droits de l'enfant fut un pas important pour affirmer et défendre les droits humains pour les enfants. Cependant, comme Liisa Kauppinen, présidente de la Fédération Mondiale des Sourds l'a remarqué, "dans un monde ou seulement 20% des sourds bénéficient de l'éducation et seulement 1% recoivent cette education en language des signes, la nécessité d'une convention qui puisse exprimer les droits des personnes handicapées est très forte.
Alors que les états membres se préparent pour la réunion de 2003, les mois qui viennent seront cruciaux. Pour qu'une convention soit couronnée de succès, la communauté de défense des handicapés doit influencer ces activités de préparation. Les individus concernés, les communautés, et les organisations doivent être impliquées et doivent commencer à faire pression sur leurs gouvernements pour qu'ils soutiennent une convention sur les droits humains pour les personnes handicapées.

Références

Informations sur la réunion du comité Ad Hoc, comprenant des documents ayant trait aux problèmes des handicaps, des comptes-rendus de sessions et des bulletins de conseils:
www.worldenable.net

La réunion du groupe d'experts sur la Convention Internationale Détaillée et Intégrale pour Promouvoir et Protéger les Droits et la Dignité des Personnes Handicapées:
www.sre.gob.mx/discauacidadlhome.htm

Principes pour la rédaction d'un nouveau traité
www.sre.gob.mxldiscapacidadlwhatrights.html

Etude sur l'usage et le potentiel des instruments de l'ONU sur les droits humains dans le contexte des handicaps (Quinn-Degener) commandité par le bureau du Haut Commissaire pour sur les droits humains à Geneve:
www.unhchr.chlhtml/menu6/2/disability.doc

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LA CONVENTION SUR LES HANDICAPS POUR ELARGIR LA PROTECTION DES DROITS DE L'ENFANCE.

Interview avec Maria Eugenia Antunez, du Mexique, activiste pour la défense des handicapés par Michele Morgan.

-Le Mexique a surpris le monde l'année dernière en suggérant la création d'une convention sur les handicaps. Pourquoi cette intiative de la part du Mexique?

Le Mexique a entamé sa politique du changement quand le Président Vicente Fox est arrivé au pouvoir. Il a compris que la question des droits des personnes handicapées avaient été oubliées par les gouvernements précédents. Depuis son arrivée nous avons senti que le changement était possible.

Puisque je suis une experte de la commission l'ONU pour les règles standard, je recois beaucoup d'informations et je savais que les ONG internationales cherchait à promouvoir une loi de grande ampleur. Je travaille également au bureau du Président, pour les personnes handicapées et en tant que directrice des affaires internationales et j'avais discuté avec un grand nombre de personnes officielles au ministère des affaires étrangères. Ces personnes, et en particulier l'ambassadeur Luis Alfonso De Alba, pouvaient percevoir les enjeux inhérent à la prise de position sur ces question et ils ont par conséquent commencé à préparer une stratégie. A la fin, ces personnes officielles du ministère des affaires étrangères sont venus voir Mr. Victor Flores, mon patron et le directeur du bureau du Président. C'est ensemble qu'ils ont décidé de présenter le projet à la conférence internationale de Durban.

-Quel est votre engagement personnel dans le travail sur une nouvelle convention?

J'ai une perspective unique sur ce projet parce que je suis une déléguée officielle du Mexique, une femme handicapée, et j'ai une fille handicapée. J'ai été une fervente avocate pour les handicapés pendant quinze ans et j'ai assiste à la commission d'expert de l'ONU sur les règles de référence pendant quatre ans. Mon travail pour le gouvernement mexicain m'a permis d'avoir une influence sur les décisions du président sur toutes les questions de défense des personnes handicapées.

"J'ai une petite fille handicapée de trois ans et je n'ai plus de temps à perdre. Je veus que mon enfant et les autres enfants handicapés puissent grandir dans un monde où leurs droits sont protégés."

Je crois que mon engagement pour ce projet en tant que personne handicapée peut se justifier pour trois raisons. Premièrement, je connais des leaders dans le monde entier,
deuxièmement, je peus comprendre les besoins des gens dans des pays différents, et
troisièmement je sais que je peus influer sur les décisions internes.

-Quel impact est ce que vous croyez qu'une convention sur les handicaps pourrait avoir sur les enfants handicapés? Qu'est ce que cette convention ajouterait à la Convention sur les Droits de l'Enfance qui existe déja?

Quand un enfant devient handicapé la famille entière est touchée. Si les parents aimentvraiment l'enfant et bénéficient de soutiens, ils commenceront par chercher de l'aide pour venir en aide à cet enfant. Si les parents n'acceptent pas que leur enfant soit handicapé, alors ils garderont peut être l'enfant à la maison et limiteront son accès à la société. Les parents peuvent aller jusqu'à négliger l'enfant et exploiter son image. C'est là qu'une convention spécifiquement ciblée sur les droits des personnes handicapées peut aider à faire en sorte que tous les enfants handicapés soient traités dignement et qu'ils aient ainsi que leurs familles accès aux ressources dont ils ont besoin, comme l'apprentissage du langage des signes, ou des chaises roulantes appropriées afin qu'ils puissent participer plus pleinement à ce qui les entourent. Des services de réhabilitation médicale et éducative leur sont aussi necessaires et une convention ferait certainement beaucoup pour qu'ils puissent y avoir accès. La dignité des enfants handicapés qui ont été maltraités et négligés doit être abordé par la convention parce que ces enfants sont l'avenir du monde.

-Quand est ce que vous pensez que nous aurons une convention?

Nous pensons que le processus ne devra pas durer plus de trois ans. C'est une cause noble et aucun pays ne devrait se mettre en travers d'un tel projet. J'ai une petite fille handicapée de trois ans et je n'ai plus le temps d'attendre une convention sur les droits des personnes handicapées. Je veus que mon enfant et tous les autres enfants handicapés grandissent dans un monde où leurs droits sont protégés et où ils aient accès à tous les services dont ils ont besoin afin qu'ils puissent participer activement et contribuer à la société qui les entourent.

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Références REFERENCES Références

Documents qui peuvent être téléchargés à partir du site internet de l'UNICEF: www/uniceg.org/specialsession/

Un Monde Fait pour les Enfants: Document Final de la Session Spéciale-Le texte officiel du document final approuvé à la Session Spéciale de l'Assemblée Générale sur les Enfants le 10 Mai 2002. Disponible en format PDF en anglais, français, espagnol, russe, chinois et arabe; et en format Word en anglais, français, espagnol, russe, chinois et arabe.

Nous, les Enfants: Tenir les Promesses du Sommet Mondial pour les Enfants par le Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan. Le rapport évalue la manière dont les promesses faites aux enfants du monde au Sommet Mondial pour les Enfant de 1990 ont été tenues. Il comprend également un compte-rendu des meilleures exemples et des leçons apprises, des obstacles au progrès et un plan d'action pour construire un monde fait pour les enfants.

Un Monde fait pour Nous. Message délivré lors de la Session Spéciale par les enfants délégués.

Autres ouvrages de références:

C'est Aussi Notre Monde! Un Rapport sur les Vies des Enfants Handicapés. Gerison Lansdown, Droits pour les Enfants Handicapés. Evalue les progrés de la mise en oeuvre de la Convention des Droits de l'Enfant dans le monde. Publié par Disability Awareness in Action on Behalf of Rights for Disabled Children, 2001. Disponible en livre, cassette et disc ASCII (anglais). Pour commander contacter DAA au 11 Belgrave Road, London SW1 RB, UK.

Les Enfants Handicapés en Afrique du Sud: Progrès dans la mise en oeuvre de la Convention de l'Enfant. Gerison Lansdown, Droits pour les Enfants Handicapés. Publié par Disability Awareness in Action on Behalf of Rights for Disabled Children, 2001. Disponible en version imprimée, cassette et disc ASCII (anglais et braille anglais). Pour commander contacter DAA au 11 Belgrave Road, London SW1 RB, UK.

Les droits des Enfants Handicapés-Un Guide Pratique. International Save the Children Alliance. Décrit les atteintes aux droits des enfants handicapés et la manière d'améliorer les pratiques dans 70 pays. Publié par Save the Children, Swèden, 2001. Version imprimée et CD-ROM (anglais). Pour commander aller à www.childrightsbooks.org, ou contacter Save the Children Sweden, Publishing, 107 88 Stockholm, Sweden. Fax: +46 8 698 9025

Comité sur les Droits de L'Enfant: Suivi des ONG à la Session Spéciale sur les Enfants
Apporte des informations sur la manière dont les ONG peuvent participer au processus du développement de Plans Nationaux d'Action (PNA). Disponible en Word et PDF.

Est ce que "chaque enfant" et "tous les enfants" incluent les enfants handicapés? Un Sur Dix-Vol. 22, 2001. Ce numéro de Un sur Dix comprend les positions en cours sur les droits et les besoins des enfants handicapés. Les comptes rendus de ces positions furent développés par Rehabilitation International et par Disability Awareness in Action. Disponible en version imprimée et électronique en anglais, français et espagnol. Pour commander voir ci-dessous.

UN SUR DIX
VOLUME 23-2002

Les numéros récents de Un sur Dix en anglais, français et espagnol peuvent être trouvés sur le site de Rehabilitation International, www.rehab.international.org

Articles représentant les vues des auteurs et ne reflétant pas nécessairement les politiques de l'UNICEF

REDACTRICE
" Rosangela Berman-Bieler
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SUPERVISION DU PROJET
" Gulbadan Habibi, Project officer, section de la protection de l'enfant
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" Barbara Duncan, Directrice des Communications, RI
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Sous-titres: (subtitles)

Ditte Christensen, une jeune participante du Danemark

Ditte Christensen du Danemark

Juan Angel de Gouveia, Vénézuéla

Le défilé des enfants après le forum

Photos de Sebastiao Salgado (Campagne Globale pour mettre Fin à la Polio-www.endpolio.org): les ongles d'une petite fille sont vernis avec du violet Gentiane pour indiquer qu'elle a été vaccinée contre la polio, pendant une tournée de NID dans la ville de Ghaziabad dans l'Uttar Pradesh en Inde.

Roberto Leal, Directeur, Inclusion inter-Americana

Pendant les réunions du comité Ad Hoc, le rapporteur spécial sur les handicaps de l'ONU, Bengt Lindqvist a fait le compte rendu historique du développement d'une convention.

(gauche) Tina Minkowitz-Réseau Mondial des Utilisateurs et des Survivants de la Psychiatrie, Liisa Kauppinen-Fédération Mondiale des Sourds, et Kicki Nordstrom-Union Mondiale des Aveugles ont contribué activement à l'Alliance Internationale des Handicaps (AIH).